Source : Le Journal de Montréal - Même si la société canadienne est de plus en plus égalitaire et multiethnique, le domaine militaire demeure un univers d'hommes blancs.
Selon le Profil des Forces canadiennes publié la semaine dernière par Statistique Canada, près de 85 % des 87 700 membres de la force régulière et de la force de réserve sont de sexe masculin et seulement 6 % de tout le personnel militaire est issu de l'immigration.
«Le personnel militaire canadien est à prédominance masculine. Toutefois, la représentation des femmes a augmenté au cours des dernières décennies. En 2002, 15,5 % de tout le personnel était de sexe féminin [...], en hausse par rapport à 2 % en 1972 et 10 % en 1988», note le chercheur Jungwee Park.
Statistique Canada signale que la moitié des femmes militaires occupent des emplois plus traditionnels dans les secteurs de l'administration ou la logistique. Ainsi, seulement une militaire sur dix choisit un métier de combat comme carrière.
Peu d'intérêt
Dans les cas des minorités visibles, elles sont nettement sous-représentées au sein de la famille militaire canadienne. À peine six militaires sur 100 et seulement 3% des officiers sont issus de l'immigration, alors que cette tranche représente 17 % de la population civile active.
Statistique Canada attribue ce manque à gagner à de nombreux facteurs, dont l'image négative du personnel militaire qu'ont plusieurs immigrants dans leur pays d'origine et le classement à un niveau relativement bas du service militaire comme carrière.
L'enquête nationale démontre aussi que les militaires canadiens sont deux fois plus bilingues que le reste de la population. En tout, 42,2 % du personnel parle les deux langues officielles.
On peut aussi voir que les militaires sont de plus en plus scolarisés. Entre 1988 et 2002, la proportion des soldats de 25 ans et plus qui détiennent un diplôme d'études secondaires est passé de 19 % à plus de 50 %.
L'étude révèle enfin que les militaires absents de la maison pendant plus de 12 mois au cours des deux dernières années - soit le temps dévolu à l'entraînement et au déploiement en Afghanistan - «étaient deux fois plus susceptibles d'avoir une dépendance à l'alcool que ceux qui étaient absents pendant moins de six mois».
En 2002, le revenu médian des membres des Forces canadiennes s'établissait à 50 000 $. Les militaires sont rémunérés en fonction de leur grade et de leur profession.
[ 31-07-2008 ]