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Choix de carrière

Partir du bon pied

«Quand je serai grand, je serai chirurgien, chanteur, pompier, dompteur de lions...» Facile à dire, à cinq ans, mais à la fin de ses études secondaires ou collégiales, on s'aperçoit vite que choisir un métier n'est pas un jeu d'enfant. C'est même tout un programme!

Par Sylvie L. Rivard


Les carrières d'avenir 2010


Chaque année, à l'approche du 1er mars, date limite de présentation d'une demande d'admission dans un établissement postsecondaire, des milliers de cœurs palpitent et des mains deviennent moites. «Certains jeunes sont terrifiés à l'idée de se tromper», constate la conseillère d'orientation Martine Lemonde, directrice des services professionnels chez Brisson Legris, Révélateurs de potentiels, une firme de consultants en évaluation et en gestion de carrière. «À l'opposé, d'autres attendent à la dernière minute pour se décider.» En suivant quelques pistes, on peut pourtant arriver à bien s'orienter.

Selon le conseiller d'orientation Mathieu Guénette, fondateur du cabinet Chercheurs de sens, pour faire un bon choix de carrière, il faut d'abord s'appuyer sur ses champs d'intérêt, c'est-à-dire qu'il faut reconnaître les responsabilités et les occupations qui nous font vibrer. Les jeunes jettent souvent leur dévolu sur un métier lié à un secteur d'activité qui les passionne, dit-il, sans se demander si le rôle qu'ils y joueront au quotidien les captive autant. «Un élève qui se voit agent de voyages simplement parce qu'il aime voyager sera déçu s'il ne s'intéresse pas à la vente et au service-conseil, qui sont au cœur des activités de cette profession.»

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«Les jeunes ont souvent une vision partielle ou romancée des métiers et du marché du travail», ajoute Martine Lemonde. Par exemple, plusieurs croient que tous les avocats sont sous les projecteurs et plaident en cour, mais ils déchantent en réalisant que ces professionnels s'affairent surtout en coulisses, à faire des recherches et à préparer leurs dossiers. «Pour s'assurer que leur intérêt repose sur des bases solides, poursuit la conseillère d'orientation, les jeunes doivent lire plusieurs documents sur le domaine qui les attire. Ils doivent aussi parler à des gens de la profession afin de connaître les tâches qui sont rattachées à un métier.»

Il est également essentiel de choisir un métier qui corresponde à nos compétences. Inutile de rêver de devenir assembleur de moteurs d'avions si on a de la difficulté à manipuler des outils. Conseillère d'orientation au Cégep Limoilou, Caroline Villeneuve constate «qu'il n'est pas rare de voir des élèves inscrites en soins infirmiers réaliser lors de stages qu'elles ne peuvent pas, par exemple, supporter le contact avec le sang ou l'odeur corporelle des patients».

«Si un jeune s'intéresse à une profession à caractère social comme celle d'enseignant et qu'en animant des camps de jour il s'aperçoit qu'il déteste se retrouver en groupe, il devra revoir son choix.»
- Martine Lemonde, Brisson Legris.

Avant de conclure qu'on n'a pas la tête de l'emploi, on peut vérifier si nos doutes sont fondés, propose Marie-Claude Thériault, conseillère d'orientation et pédagogique à la Commission scolaire des Hauts-Cantons, en Estrie. «Parfois, les jeunes sous-estiment leurs forces.» Elle conseille de profiter des formules offertes par les établissements d'enseignement, comme «Étudiant d'un jour» (jumelage avec un étudiant inscrit dans le programme qui nous intéresse) ou un stage d'observation sur le lieu de travail d'un professionnel. «Par exemple, un élève qui veut se diriger en soudage peut effectuer quelques tâches lors d'un jumelage et voir s'il est assez habile.»

Les horaires et les milieux de travail sont aussi à étudier. Vais-je travailler le jour, le soir, le week-end? Les heures supplémentaires sont-elles courantes? Travaille-t-on en équipe? Autant de facteurs qui permettent d'évaluer si l'on sera à l'aise au quotidien dans cette profession. Après s'être bien renseigné sur ces caractéristiques, l'élève peut aller sur le terrain pour s'assurer que le domaine lui convient vraiment, propose Martine Lemonde. Emploi d'été ou à temps partiel, stage, bénévolat, activités parascolaires, projets scolaires, loisirs, etc., sont autant d'activités où l'on peut découvrir ce qu'on aime et ce qu'on aime moins. «Par exemple, si un jeune s'intéresse à une profession à caractère social comme celle d'enseignant et qu'en animant des camps de jour il s'aperçoit qu'il déteste se retrouver en groupe, il devra revoir son choix.»

De l'avis de Caroline Villeneuve, les perspectives d'avenir, la sécurité d'emploi et le statut des travailleurs (par exemple, salarié, pigiste) font aussi partie des éléments qui influencent un choix de carrière. «Toutefois, si un étudiant est profondément intéressé par un domaine où les emplois sont plus précaires, comme l'anthropologie ou les arts, cela ne signifie pas forcément qu'il doive abandonner son rêve. On doit toutefois être informé du marché du travail et se préparer en conséquence. Cela peut se traduire par la poursuite d'études supérieures, une recherche d'emploi plus active, le développement de qualités essentielles pour percer dans le domaine ou l'occupation d'un autre emploi en attendant de vivre de son métier.»


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