Faire des choix qui auront un impact sur notre vie professionnelle lorsqu’on est encore à l’école représente un beau défi. Pour guider les jeunes et leurs parents, des spécialistes répondent à 10 questions fréquentes sur l’orientation scolaire.

Il arrive que des jeunes optent pour un programme qui leur semble attirant, mais sans se préoccuper des carrières qui y sont rattachées. Ils font fausse route. «Ils risquent d’étudier dans un domaine qui leur plaît, mais qui mène à un métier qui ne les intéresse pas», avertit Martine Lemonde, directrice des services professionnels chez Brisson Legris Révélateurs de potentiels. Ils peuvent aussi perdre leur motivation à suivre une formation sans savoir exactement à quelle carrière elle conduit.
«Il faut d’abord trouver un métier, explorer les rôles, les tâches et les milieux de travail qui y sont rattachés. Ce processus doit se faire en lien avec qui on est, ce que l’on aime, ce qui nous motive», indique Mme Lemonde. «Quand on part en voyage, on choisit d’abord sa destination avant de déterminer le moyen de transport à utiliser», illustre Marie-Claude Lévesque, conseillère d’orientation à l’école secondaire l’Académie les Estacades, à Trois-Rivières. La conseillère est d’accord pour dire qu’il faut d’abord choisir son métier avant d’opter pour une formation.
| Pub. |
Martine Lemonde souligne que plusieurs se fondent sur le seul critère de la réputation de l’école. Or, même si cet élément entre en ligne de compte, ce n’est pas le plus important. «Il faut surtout s’assurer que l’établissement répond à nos besoins : aime-t-on l’ambiance et l’environnement? Devra-t-on déménager parce que l’école est située loin de chez nous? Les locaux et le matériel offerts sont-ils adéquats? Va-t-on y retrouver des amis?» Elle suggère de visiter les établissements qui nous intéressent, lors des journées portes ouvertes. On peut aussi s’informer auprès de connaissances qui y ont étudié, pour s’en faire une idée.
Selon les dernières statistiques de la Relance au secondaire en formation professionnelle du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, le salaire moyen des diplômés d’une attestation de spécialisation professionnelle (ASP) est légèrement supérieur à celui des titulaires du diplôme d’études professionnelles (DEP). Les particularités des programmes offerts sont aussi à considérer. Par exemple, certains établissements professionnels et techniques donnent la possibilité de suivre une formation en alternance travail-études, c’est-à-dire qui combine des stages en milieu de travail avec les cours théoriques. «Cette formule permet de se doter d’une expérience de travail recherchée par bien des employeurs», précise Marie-Claude Lévesque.
Un élève peut consulter gratuitement le conseiller d’orientation de son établissement scolaire, aux trois ordres d’enseignement (secondaire, collégial et universitaire). Ce professionnel rencontrera le jeune et lui fera faire certains tests pour mieux préciser ses champs d’intérêt et ses aptitudes. Il l’aidera ensuite à explorer les carrières qui y sont liées.
Si cette démarche ne porte pas fruit, on peut aller voir ailleurs. «En échangeant avec son jeune, il est possible de vérifier où il en est dans son cheminement, et s’il est capable d’expliquer son choix de carrière», précise Martine Lemonde. Si cela semble encore très flou dans sa tête, il est possible de consulter un conseiller dans le secteur privé. On trouve des références dans le site de l’ Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec.
«Magasinez votre conseiller au téléphone, suggère Martine Lemonde. Demandez-lui s’il a l’habitude des jeunes et renseignez-vous sur son approche pour savoir quelle sera la démarche proposée et le nombre de séances nécessaires.» Il faut généralement envisager de trois à six séances. Les conseillers d’orientation facturent en moyenne de 65 à 100 $ l’heure, plus les taxes, estime Mme Lemonde.
La plupart des centres locaux d’emploi, des carrefours jeunesse-emploi et des clubs de recherche d’emploi offrent gratuitement des services professionnels d’orientation. Pour y avoir accès, il faut répondre à certains critères : par exemple, les carrefours jeunesse-emploi n’accueillent que les jeunes de 16 à 35 ans, et les clubs de recherche d’emploi sont réservés aux prestataires de l’assurance emploi.
Les attestations de spécialisation professionnelle (ASP) sont des formations de courte durée permettant de se spécialiser après un diplôme d’études professionnelles (DEP). Une secrétaire peut ainsi opter pour le programme de secrétariat juridique ou médical après le DEP en secrétariat.
Marie-Claude Lévesque estime que l’ASP aide le diplômé à se démarquer. «Cela peut faire la différence pour un employeur au moment de choisir un candidat.» Elle ajoute que selon les dernières statistiques de la Relance au secondaire en formation professionnelle du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, le salaire moyen des diplômés d’une ASP est légèrement supérieur à celui des titulaires du DEP. «Ce sont des atouts intéressants pour un investissement de temps relativement modeste», estime-t-elle. Soit entre 330 et 900 heures en plus du DEP, pour une durée qui varie de 3 mois à 1 an.
Marie-Claude Lévesque estime qu’on ne perd jamais son temps à suivre une formation de base (diplôme d’études secondaires [DES] ou DEP). Toutefois, lorsqu’on se retrouve en situation d’échec au secondaire, on peut perdre sa motivation et son estime de soi. Dans ce cas, elle suggère d’explorer, avec le conseiller d’orientation de son école, la formation menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé (FMS). Il s’agit d’une formation courte d’environ un an comportant des matières de base (français, mathématiques et anglais de première et deuxième secondaire), un stage de travail et un cours de préparation au marché du travail. La FMS mène à des métiers tels que manœuvre en aménagement paysager, magasinier, aide-boulanger-pâtissier et réparateur d’équipement de sport.