Trouver un article
Marie-Claude Lévesque confirme que ce DEC est un bon laissez-passer pour l’université, mais qu’il est toutefois préférable de s’interroger d’abord sur ce qu’on veut vraiment faire. «Si on aime suffisamment les sciences pour en faire un métier, c’est une bonne idée d’opter pour ce DEC», dit-elle. Mais dans le cas contraire, il est préférable de choisir un programme mieux adapté à ses aptitudes et champs d’intérêt.
«D’un point de vue scolaire, il est vrai que le DEC Sciences de la nature est celui qui répond à presque tous les critères d’admission à l’université, poursuit Martine Lemonde. Mais il faut avoir de l’intérêt pour ça, sinon les résultats scolaires en souffrent et la moyenne des notes baisse.» Elle ajoute qu’opter pour ce DEC parce qu’on ne sait pas ce qu’on veut faire dans la vie équivaut à repousser le questionnement concernant sa carrière à plus tard. De plus, si on s’embarque dans des études qui nous intéressent peu ou pas, les risques de décrocher seront plus élevés.
| Pub. |
Le DEC-Bac est une passerelle entre la formation collégiale et l’université. Cette formule permet de faire reconnaître à l’université des compétences acquises dans le cadre de la formation technique. Ainsi, le titulaire d’un DEC technique peut poursuivre des études universitaires dans un domaine relié, en ayant moins de cours à suivre que celui qui vient de la formation collégiale générale.
Les DEC-Bac permettent de gagner jusqu’à une année complète d’études. Il existe, par exemple, une passerelle entre le DEC en soins infirmiers et le baccalauréat en sciences infirmières; le DEC en techniques de l’informatique et le bac en informatique; le DEC en techniques de comptabilité et de gestion et le bac en administration des affaires, spécialisation comptabilité. Pour savoir s’il existe une passerelle dans le programme qui nous intéresse et pour connaître les universités qui l’offrent, on s’informe auprès du conseiller d’orientation de son cégep.
La cote R est en fait la cote CRC, c’est-à-dire la cote de rendement au collégial. Pour chaque cours suivi, elle combine deux informations : un indicateur de la position de l’élève en fonction de la note obtenue dans son groupe (cote Z), et un indicateur de la force relative de ce groupe (IFG). La cote CRC sert à analyser les candidatures à un programme universitaire. Elle est plus largement utilisée pour l’admission aux programmes contingentés comme médecine et communication.
«Pour augmenter leur cote, certains élèves croient qu’il est préférable de se retrouver dans un groupe plus faible pour se démarquer, souligne Martine Lemonde. Or, la force du groupe fait monter la cote R de ses membres. On a donc plus de chances d’obtenir une bonne cote dans un groupe plus fort, même si on n’a pas les notes les plus hautes de la classe.»
Un élève ayant échoué des cours au collégial peut tout de même espérer être admis dans un programme universitaire. Depuis 2005, le poids des échecs est pondéré dans le calcul de la CRC moyenne. En bref, au premier trimestre d’inscription au collégial, les cours échoués pèsent moins lourd dans le calcul de la cote qu’un cours échoué dans les trimestres subséquents. Cette mesure a été adoptée afin de redonner confiance à ceux qui éprouvent des difficultés en début de parcours, notamment en raison d’une mauvaise orientation.
Martine Lemonde souligne que les sciences humaines couvrent un vaste domaine et de nombreux emplois. «Il est possible de travailler et de bien gagner sa vie dans plusieurs disciplines des sciences humaines. Le droit, par exemple, ou le travail social offrent de bonnes perspectives d’emploi.» Les débouchés sont moins nombreux dans d’autres secteurs comme la philosophie, les sciences politiques ou l’histoire. «Il faut se renseigner précisément sur le secteur visé pour connaître la demande sur le marché du travail.» On peut en discuter avec des diplômés dans ce domaine, chercher des infos sur le marché du travail dans Internet ou en parler avec un conseiller d’orientation.
Serge Gagné, responsable du secteur placement à l’Université de Sherbrooke, note que «la majorité des finissants en sciences humaines décrochent un emploi après leur baccalauréat. Suivant leur plan de carrière, certains ont cependant intérêt à poursuivre des études supérieures.» Par exemple, pour obtenir le titre de psychologue, on doit faire un doctorat dans le domaine. Mais le baccalauréat ouvre quand même la porte à l’emploi d’intervenant dans le milieu communautaire, notamment.
Martine Lemonde estime qu’il faut envisager la poursuite d’études supérieures pour obtenir un bon emploi après le baccalauréat en sciences pures. «Dans ce secteur, il est préférable de posséder au minimum une maîtrise pour accéder à des postes scientifiques intéressants», dit-elle. Ainsi, un étudiant en biochimie, chimie, physique ou mathématiques devra souvent se rendre jusqu’à la maîtrise pour aspirer à un emploi d’assistant de recherche.
En outre, ceux qui pensent qu’un baccalauréat en sciences pures permet tout de même d’avoir un emploi de technicien se trompent. Les bacheliers peuvent postuler des postes techniques, mais «les titulaires d’un diplôme d’études collégiales techniques sont mieux formés qu’eux pour devenir techniciens», indique Martine Lemonde. Les études collégiales techniques sont en effet davantage axées sur la pratique que ne le sont les études universitaires, plus théoriques. Par conséquent, sur le marché du travail, les bacheliers sont en compétition avec les techniciens, et ne sortent pas nécessairement gagnants.
Vous avez d’autres questions? Nous avons d’autres réponses.