Trouver un article
Travailler en étudiant est un bon moyen de payer ses droits de scolarité et ses frais de subsistance. Ça aide aussi à prendre de l’expérience. Or, le travail peut également nuire à la réussite scolaire. Comment équilibrer le tout?

À 19 ans, Marc-Michel Rousseau-Lefebvre s’est inscrit en techniques d’usinage pour devenir machiniste. Ayant quitté le nid familial, sans soutien financier parental ni prêt ni bourse, il n’avait pas le choix de travailler. «Pendant deux ans, j’ai passé 30 heures par semaine sur les bancs de l’école et en moyenne 35 heures au travail comme apprenti machiniste. Je travaillais de 16 h 30 à minuit, cinq jours par semaine. Un horaire de fou qui ne m’a pas empêché d’obtenir mon diplôme avec succès.»
Mais attention : tous les étudiants ne sont pas taillés dans le même bois que ce jeune homme. À partir d’un certain nombre d’heures, le boulot risque de nuire à la santé et à la réussite scolaire. Selon les travaux de Jacques Roy, professeur au Cégep de Sainte-Foy et chercheur à l’Observatoire Jeunes et Société, «les étudiants qui travaillent 20 heures et plus par semaine ont des résultats scolaires inférieurs à la moyenne et voient leur taux d’échec et d’abandon scolaire augmenter».
Ceux qui travaillent 25 heures et plus par semaine considèrent plus souvent que leur emploi nuit à leurs études et que leur charge de travail est élevée. «Toutefois, ces résultats n’empêchent pas que certains étudiants travailleront plus sans problème [comme Marc-Michel], alors que d’autres auront la langue à terre en travaillant 10 heures par semaine», nuance le chercheur.
Lisandre Bujold-Dubuc, élève en sciences humaines au Cégep de Sherbrooke, bosse de 15 à 20 heures par semaine comme caissière dans un magasin. Ne lui demandez pas d’en prendre davantage, car «plus je travaille, moins j’ai de bons résultats scolaires», explique-t-elle.
«Pour joindre les deux bouts, je me rattrape en travaillant 30 heures par semaine lors des congés scolaires.» Vivant en colocation, avec moins de 7 000 $ par an, Lisandre arrive tout juste à payer ses frais de subsistance (logement, électricité, chauffage, nourriture, pharmacie, transport, services de téléphonie, vêtements) et ses droits de scolarité, livres et matériel scolaire. D’après les services d’aide financière de diverses universités, un étudiant qui ne vit pas chez ses parents doit débourser autour de 15 000 $ par année, selon la région, pour payer sa scolarité et subvenir à ses besoins. Les frais de subsistance diminuent s’il vit en colocation.
| Pub. |