L’économie du Saguenay–Lac-Saint-Jean gravite autour de trois grands pôles : la forêt, la production d’aluminium et l’hydroélectricité. Le premier est mis à mal par une conjoncture difficile, mais les deux autres sauvent la mise et génèrent même un boum dans l’industrie de la construction.

La construction affiche une forte activité qui s’appuie sur la réalisation de plusieurs projets, notamment l’important chantier du barrage de Péribonka (plus de 1 000 ouvriers), ainsi que le chantier d’élargissement de la route 175 reliant la région à la ville de Québec, qui doit se terminer en 2009.
Le barrage sera terminé en 2008, mais la fin des travaux n’inquiète nullement l’économiste Clément Desbiens, d’Emploi-Québec : «Le chantier d’Eastmain-1-A, à la Baie-James, va prendre la relève. Ensuite, ce sera au tour de celui de La Romaine, sur la Côte-Nord. Dans le secteur de la construction, l’activité va être maintenue au cours des prochaines années», indique-t-il, précisant que les travailleurs de la région vont migrer vers ces sites.
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Deux chantiers industriels majeurs viennent aussi d’ouvrir à Saguenay. «Alcan construit une usine de brasque [matériau de recouvrement de l’intérieur des cuves d’aluminium qui doit être remplacé régulièrement], qui va créer une cinquantaine d’emplois lors de sa mise en production en 2008. Alcan a aussi commencé à démolir l’usine Vaudreuil pour en construire une nouvelle. Ce chantier de 1,8 milliard de dollars, qui vise à remplacer les anciennes cuves Soderberg, emploiera de 1 200 à 1 500 personnes et s’étendra sur 10 ans. L’exploitation de l’usine créera par la suite 750 postes hautement spécialisés.»
Le projet s’inscrit parfaitement dans le développement de la «Vallée de l’aluminium», où sont déjà concentrés quatre centres de recherche sur ce métal très convoité. «Il a fallu du temps pour recruter les chercheurs, mais tout est en place pour dynamiser davantage l’activité dans ce domaine», estime Clément Desbiens.
Ces bonnes nouvelles viennent contrebalancer les coups durs subis par le secteur forestier, éprouvé par le ralentissement des exportations vers les États-Unis et la flambée du dollar canadien. «Les entreprises annoncent des fermetures temporaires. Dans ce contexte, il est difficile d’avoir un portrait précis des mises à pied permanentes, mais on parle de pertes de 1 000 à 2 000 emplois dans la région [sur un total d’environ 8 000], ce qui semble réaliste», indique prudemment Clément Desbiens.
Par ailleurs, dans le sous-secteur du papier, les quelque 2 000 emplois répartis dans cinq papetières ne sont pas encore menacés, mais certaines d’entre elles, notamment la Kénogami d’AbitibiBowater à Jonquière (440 emplois), ne survivront pas à long terme si elles ne sont pas modernisées.
Ces difficultés ne parviennent pas, toutefois, à assombrir le portrait global, souligne Claude Arsenault, économiste à Service Canada, qui signale que la région se dirige vers l’une de ses meilleures années depuis 1987 au chapitre de l’emploi : «On dit que quand la construction va, tout va, et c’est vrai! Les grands travaux actuels ont une incidence sur le commerce de détail, l’hébergement, la restauration et les services aux entreprises.»
La région vit un exode de sa population depuis plusieurs années, particulièrement de ses jeunes. Le recensement de 2006 démontre toutefois que le solde migratoire négatif tend à diminuer, passant d’une perte de 2 000 à 3 000 habitants par année depuis 2001, à 1 375 personnes en 2005-2006. De plus, 2006 marque la première augmentation des 25-34 ans depuis 1996.
N’empêche que le problème demeure réel, note Claude Arsenault : «Avec l’exode des jeunes et le vieillissement de la population, on se dirige vers un problème en matière d’emploi. Il va falloir trouver des façons d’inciter les jeunes à revenir.»
On voit aussi poindre des difficultés plus marquées dans certains secteurs. «Il y a une crise de main-d’œuvre à prévoir dans le secteur forestier, lance Claude Arsenault. On le constate déjà : les jeunes délaissent les formations dans ce domaine parce qu’ils n’entendent parler que de mises à pied...» Or, le vieillissement des travailleurs est accentué dans cette industrie et l’absence de relève s’annonce déjà problématique.
Population : 274 095 habitants
Principales villes : Alma • Dolbeau-Mistassini • Saguenay