Faire un baccalauréat bien assis sur son canapé? En sirotant un café dans un bistro? La formation en ligne ouvre la porte à toutes les possibilités.

Depuis ses premiers pas au milieu des années 90, la formation au moyen d’Internet est devenue un mode d’apprentissage de plus en plus prisé par les Québécois, qui le jugent pratique, pertinent et facile d’accès. Les maisons d’enseignement n’ont d’ailleurs d’autre choix que de courtiser ces élèves invisibles si elles veulent garder et diversifier leur effectif scolaire.
«C’est une réelle tendance de voir les maisons d’enseignement offrir de plus en plus de cours complets en ligne. Une bonne part de leur population étudiante présente, mais surtout future, a grandi avec Internet, alors ce style d’apprentissage la rejoint», explique Louise Sauvé, présidente du Savie, un centre d’expertise et de recherche en formation fondée sur les technologies de l’information.
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Aussi appelée e-formation, e-learning et télé-enseignement, la formation en ligne incorpore les nouvelles technologies (Internet, intranet, courrier électronique, forums Web, CD-ROM, DVD, etc.) comme moyens de transmission des connaissances. La panoplie de cours offerts peut satisfaire tant les étudiants en quête de diplômes que les travailleurs souhaitant muscler leurs connaissances. De plus, ils ont l’embarras du choix : les établissements d’enseignement secondaires, collégiaux et universitaires à offrir des formations en ligne sont de plus en plus nombreux.
Les cours offerts à distance comportent le même nombre d’unités que leurs équivalents sous le mode traditionnel. Les coûts sont similaires, soit entre 150 $ et 270 $ incluant tous les frais afférents pour les cours collégiaux, et entre 270 $ et 300 $ pour les cours universitaires. De plus, les étudiants à distance ont droit au programme de prêts et bourses du gouvernement québécois.
Tous deux titulaires d’un certificat en informatique appliquée à l’organisation offert à la TÉLUQ, Marie-France Choquet et René Laquerre peuvent poursuivre leurs études à distance tout en travaillant. «Je suis étudiante à la TÉLUQ depuis 1998. J’effectue présentement le programme court en santé et sécurité qui comporte quatre cours. C’est une formation pertinente pour moi, car je travaille comme technicienne dans un laboratoire environnemental.»
Quant à René Laquerre, un spécialiste en informatique pour le Service correctionnel du Canada à Cornwall, il a entrepris en janvier dernier un programme court en anglais et suit actuellement un cours de rédaction anglaise. «C’est bien, parce que je peux mettre en pratique ce que j’apprends. À Cornwall, tout se passe pas mal en anglais.»
De son côté, le Cégep@distance, un établissement géré par le Collège de Rosemont, offre des cours en ligne depuis 1998. «Nous donnons une vingtaine de cours. Le français et les sciences humaines comme la géographie, l’anthropologie et la philosophie sont les formations les plus populaires», indique Guylaine Fortin, responsable des communications.
À l’Université Laval, le Département des sciences de l’administration a été le premier dans cet établissement à se lancer dans l’aventure en ligne. Présentement, les étudiants ont le choix parmi 72 cours et la possibilité d’effectuer des programmes de premier cycle et de deuxième cycle entièrement par Internet. «Nous offrons un certificat de premier cycle en administration, des MBA en gestion agroalimentaire et en affaires électroniques, de même que des microprogrammes», mentionne Jean-François Forgues, adjoint au vice-doyen et responsable des technologies de l’apprentissage.
Les étudiants trouvent de nombreux avantages à la formation virtuelle. «J’ai déjà suivi un cours en salle à l’université et je n’ai pas aimé. Se déplacer, attendre le professeur, prendre des notes, c’est une perte de temps énorme», estime René Laquerre. Marie-France Choquet partage cet avis. «En travaillant à temps plein, c’est difficile de se payer le luxe de se déplacer trois ou quatre fois par semaine. Mes cours, je les suis bien toute seule. Ce mode d’apprentissage me convient, car je suis autodidacte.»