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Formation de base
Carrières d’avenir

Qualifié ou dépassé

D’un côté, les entreprises haussent leurs exigences d’embauche pour être plus concurrentielles. De l’autre, elles ne trouvent pas assez de candidats compétents. Comment arriver à former plus de travailleurs qualifiés?

par Guylaine Boucher


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 1 Janvier 2007


Le diplôme d’études professionnelles est une qualification minimale pour obtenir un emploi, souligne André Grenier, économiste et coordonnateur de l’équipe d’analyse du marché du travail au CETECH, le Centre d’étude sur l’emploi et la technologie d’Emploi-Québec.

«Peu importe le domaine d’activité, les employeurs n’ont plus les mêmes exigences qu’il y a 10 ou 15 ans, dit-il. Dans le secteur bancaire, par exemple, les caissiers ont été remplacés par les guichets automatiques, et beaucoup ont dû se recycler pour devenir conseillers financiers. Même dans les scieries, on travaille maintenant avec des ordinateurs et de l’équipement de pointe qu’il faut savoir programmer et utiliser.»

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Si les entreprises québécoises haussent leurs exigences d’embauche, c’est essentiellement dû à la concurrence mondiale, soutient Jean-Michel Laurin, coprésident-directeur général par intérim et vice-président à la recherche et aux affaires publiques pour les Manufacturiers et exportateurs du Québec. «Quand des pays comme la Chine, disposant de bassins de main-d’œuvre importants, produisent à moindre coût, les entreprises d’ici sont forcées de miser sur des produits plus spécialisés et complexes à produire, ce qui veut dire qu’elles ont aussi besoin de gens plus qualifiés pour faire le travail.» Dans le secteur du textile, par exemple, on recherche des techniciens en chimie ou en matières textiles pour l’élaboration de matériaux sophistiqués, comme les tissus étanches.

Manque d’élèves à former

Le Québec vieillit et la population en âge de travailler diminue. «Les nouveaux travailleurs qui arrivent sur le marché sont mieux formés qu’ils ne l’étaient il y a 10 ou 15 ans, selon Diane Bellemare, première vice-présidente et économiste en chef au Conseil du patronat du Québec, mais ils sont beaucoup moins nombreux.»

«Dans quelques établissements, on ne parvient même pas à offrir certains programmes parce que le nombre d’inscriptions est trop faible», renchérit André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec. «C’est le cas notamment en Beauce pour toutes les formations liées au secteur de la plasturgie, indique-t-il. La formation professionnelle est encore perçue comme une voie de garage par de nombreux parents, qui dissuadent leurs enfants de s’y engager.»

Solutions en vue

Pour pallier le manque de ressources, Diane Bellemare estime que le Plan de rapprochement en matière de formation professionnelle et technique, rendu public par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) en juin 2006, est un pas dans la bonne direction. Ce plan a pour but de favoriser les liens entre les établissements de formation professionnelle et technique et le milieu du travail. À titre d’exemple, à Drummondville, la commission scolaire et le cégep seront invités à partager des équipements et des locaux. Cette approche offrira aux élèves des deux ordres d’enseignement une meilleure préparation au marché du travail parce qu’ils auront accès à de l’équipement à la fine pointe de la technologie, et ce, à moindre coût.

«Dans quelques établissements, on ne parvient même pas à offrir certains programmes parce que le nombre d’inscriptions est trop faible.»
— André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec

La ministre Michelle Courchesne soutient de son côté que beaucoup de choses ont déjà été faites pour remédier aux problèmes éprouvés. «Nous comptons sur 30 comités sectoriels de main-d’œuvre, qui travaillent à définir des normes professionnelles.» En contact avec les entreprises, ces comités participent à la révision des différents programmes de formation. Cette collaboration a, par exemple, mené à la création en 2003 d’un Centre intégré de formation en plasturgie et en caoutchouc, à Magog. Développé avec la participation financière des entreprises locales, ce centre permet aux employeurs d’avoir à proximité une main-d’œuvre qualifiée, notamment en conduite et réglage de machines à mouler et en mise en œuvre de matériaux composites.

Pour Robert Dépatie, sous-ministre adjoint à la formation professionnelle et technique et à la formation continue au MELS, un meilleur équilibre entre la formation et les besoins des employeurs passe aussi par l’augmentation de l’offre de programmes d’alternance travail-études au collégial et en formation professionnelle. Passés de 287 en 1999-2000 à 522 en 2004-2005, ces programmes aident à mieux préparer les diplômés à la réalité du marché du travail. Le ministère espère donc que cette formule se multipliera au cours des prochaines années, indique M. Dépatie. Mais il reste prudent puisque la mise en place de tels programmes dépend aussi de la volonté des entreprises.


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