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Formation de base
Éducation anglophone

Stop ou encore?

La loi 101 a changé le visage linguistique du Québec… au travail, au repos et dans les loisirs!

par Judith Lussier


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 5 Mai 2007


Adoptée en 1977 par le premier gouvernement péquiste de René Lévesque, la Charte de la langue française (communément appelée la loi 101) a fait du français la langue officielle du Québec. Proposée par le docteur Camille Laurin, cette loi visait à faire du Québec une société qui s’exprime en français au travail, dans le commerce, les lois et l’enseignement.

Avant les années 1970, bien que 85 % de la population était d’expression française, Montréal avait un visage anglophone. Les commerces affichaient for sale et les travailleurs devaient parler dans la langue de leur patron, le plus souvent l’anglais. «Les anglophones étaient si peu nombreux à comprendre le français que les francophones se sentaient presque obligés d’assumer ce qu’on appelle le fardeau du bilinguisme», explique Gérald Paquet, porte-parole de l’Office québécois de la langue française (OQLF).

La loi 101 a aussi fait en sorte que tous les enfants doivent fréquenter l’école française au primaire et au secondaire, à quelques exceptions près.

La loi 101 a modifié le portrait de l’industrie privée. Depuis son adoption, toute entreprise de plus de 50 employés doit adhérer à un programme de francisation qui vise à faire du français la langue d’usage normale et habituelle du travail, du commerce et des affaires. «Avant la loi 101, 50 % des conventions collectives étaient signées en anglais. Les travailleurs francophones étaient donc largement discriminés», affirme Denis Monière, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal et spécialiste des politiques publiques québécoises.

De l’eau sous les ponts

Si les francophones ont su mettre des barrières à ce que Gérald Paquet appelle le «bulldozer anglo-américain», il reste qu’au Québec, il faut avoir «anglais» dans son CV. L’exigence de la langue anglaise n’est plus liée au fait que des personnes à l’intérieur du Québec demandent qu’on parle anglais. «Ce qui a changé aujourd’hui, c’est la mondialisation, explique le porte-parole de l’OQLF. Cela fait en sorte qu’il y a beaucoup plus d’occasions de communiquer avec des gens à l’extérieur du Québec. La langue anglaise est maintenant considérée comme utile aux communications.»

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La loi 101 a aussi fait en sorte que tous les enfants doivent fréquenter l’école française au primaire et au secondaire, à quelques exceptions près. Si un parent a étudié en anglais au Canada, il a le droit d’inscrire ses enfants à l’école anglaise. Ainsi, la plupart des immigrants doivent envoyer leurs enfants à l’école française. Mais s’ils ont vécu un an dans une autre province et y ont envoyé leurs enfants à l’école anglaise, ils peuvent les inscrire à l’école anglophone à leur arrivée au Québec. C’est ce qu’on appelle la clause Canada.

Selon Denis Monière, les objectifs de la loi 101 n’ont été que partiellement atteints. «Au cours des ans, en particulier avec un jugement de la Cour suprême en 1988, la loi a été charcutée, divers articles ont été invalidés, donc elle a perdu de ses “dents”.»

Le français est en train de perdre sa dominance sur le plan démographique, d’après le professeur. «Montréal était une ville majoritairement française il y a 25 ans. Aujourd’hui, et c’est un autre échec de la loi 101, les immigrants continuent à s’intégrer à la communauté anglophone. Montréal est maintenant une ville 50/50.»


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