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Formation de base
Éducation anglophone

Classes supérieures

Inutile de s’expatrier deux ans à l’étranger pour maîtriser l’anglais. Au Québec, cinq cégeps et trois universités permettent de plonger dans un univers anglophone.

par Judith Lussier


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 5 Mai 2007


Quand Alexandre Sigouin Duquette s’est inscrit au Cégep John Abbott pour parfaire sa connaissance de l’anglais, il a aussi succombé à l’attrait de l’exotisme. «Ce cégep rappelle un peu les universités américaines», explique Johanne Houle, porte-parole de l’établissement. En effet, situé en bordure du lac Saint-Louis, ce collège fait tellement penser à un campus anglais qu’il accueille souvent des équipes de tournage de film.

Mais il n’y a pas que l’aspect du collège qui évoque la tradition anglaise. Les mentalités y sont aussi différentes. «Du côté anglophone, on est beaucoup plus orienté vers le préuniversitaire. On encourage les élèves à considérer les programmes techniques, mais à peu près 70 % des programmes offerts sont préuniversitaires. Cette année, on instaure un double DEC en sciences et sciences sociales, par exemple», précise Johanne Houle.

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Alexandre estime que tout était en place pour faciliter son intégration. «Quand je suis arrivé, je me suis dit qu’étudier en anglais allait être la chose la plus difficile au monde! Finalement, ce n’était pas si pire. On m’a même recommandé comme tuteur… en anglais, auprès d’autres élèves dont ce n’est pas la langue maternelle.»

Bâti par la congrégation religieuse Sainte-Croix, le Collège Vanier ressemble plus à un ancien couvent québécois qu’à un campus à l’anglaise. Ce cégep est particulièrement reconnu pour ses départements de musique, d’administration et de sciences. «Pour les élèves qui veulent aller en médecine ou dans une discipline où la formation scientifique est importante, Vanier est un atout, selon son directeur Gilbert Héroux. «Un certain nombre d’élèves viennent ici pour apprendre l’anglais, poursuit-il. On participe d’ailleurs à un programme d’échange avec le Cégep André-Laurendeau. Des francophones viennent faire une session chez nous en administration des affaires.»

Dans les Cantons-de-l’Est, l’Université Bishop’s a aussi un peu du bucolique des villes universitaires britanniques. Mais c’est sa convivialité qui a conquis David McBride, ancien étudiant de Bishop’s, devenu aujourd’hui le porte-parole de cet établissement. «Nous n’avons que 2 000 étudiants, ce qui permet à tous de bien connaître les professeurs et d’être plus qu’un numéro.»

Vie animée

Une autre particularité de l’Université Bishop’s est qu’elle offre presque exclusivement des programmes de premier cycle. «L’avantage, c’est que les étudiants du baccalauréat sont appelés à travailler à la recherche tandis que dans les autres universités, les professeurs engagent des étudiants des cycles supérieurs. Pour les étudiants de premier cycle, c’est une expérience formidable.»

Malgré sa petite taille, Bishop’s est connue à travers le monde. On n’y compte d’ailleurs que 40 % d’étudiants québécois. «La majorité de nos étudiants habitent en résidence ou proche du campus; la vie étudiante est très animée», explique David McBride.

Avec ses 70 associations étudiantes, l’Université Concordia peut, elle aussi, se targuer d’avoir une vie étudiante trépidante. «Concordia est une université dynamique, multiculturelle, au centre de Montréal», soutient Danielle Morin, vice provost aux programmes d’études. De plus, c’est la seule université anglophone qui offre un régime d’études coopératif, c’est-à-dire l’alternance entre le travail et les études. C’est probablement ce côté «pratique» qui caractérise cette université et la distingue des autres.

Pour les francophones intéressés par les finances, l’École de gestion John-Molson de Concordia offre un cours intensif d’intégration à la langue anglaise pendant la saison estivale. «Il faut connaître le vocabulaire de base en administration, qui n’est pas toujours intuitif», explique Danielle Morin.

Quant à l’Université McGill, sa réputation n’est plus à faire. Elle est la seule université canadienne à figurer parmi les 25 meilleures du monde, au même titre qu’Oxford et Cambridge. Pas étonnant qu’elle accueille chaque année quelque 6 000 étudiants de l’étranger, qui représentent 19 % de sa population scolaire. Ses facultés de droit et de médecine, les seules anglophones au Québec, en font un établissement d’inspiration libérale.


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