Grâce aux programmes d’alternance travail-études, il est possible d’acquérir une expérience professionnelle avant même d’entrer sur le marché de l’emploi. Un vrai cadeau! Pourtant, même si elle a prouvé son efficacité, la formule demeure peu répandue.

En formation professionnelle et technique, l’alternance travail-études (ATE) offre aux élèves l’occasion de réaliser au moins deux stages dans un milieu de travail lié à leur programme d’études. En formation professionnelle, les stages durent de deux à trois semaines et ne sont pas rémunérés. Au collégial, les stages s’étalent sur 12 à 16 semaines et s’ajoutent aux heures du programme, ce qui a pour effet de prolonger sa durée d’environ 6 mois.
L’entreprise a l’obligation de payer le stagiaire du collégial au moins au salaire minimum. «Les stages complètent la formation grâce à la mise en pratique des compétences apprises en classe», note Christine Lévesque, conseillère en emploi au Cégep de Lévis-Lauzon, là où presque tous les programmes sont disponibles en ATE, par exemple Techniques de bureautique, Conseil en assurances et en services financiers et Technologie de l’architecture.
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En 2005-2006, l’approche ATE a été adoptée dans près de 200 programmes différents en formation professionnelle et technique. Sylvie Demers, responsable du dossier au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), précise que la formule est principalement offerte dans le secteur des techniques physiques, comme Techniques de génie mécanique et Technologie de l’électronique, et dans les programmes liés à l’administration, comme Secrétariat, Comptabilité, Gestion de commerces et Techniques de l’informatique.
À l’université, les programmes d’ATE sont appelés programmes coopératifs. La formule prévoit un minimum de 3 stages rémunérés en entreprise d’une durée de 12 à 15 semaines. L’Association canadienne de l’enseignement coopératif, comité Québec (ACDEC- Québec), répertorie plus d’une cinquantaine de programmes d’enseignement coopératif dans les universités québécoises.
Forte de ses 40 années d’expérience en stages coopératifs, l’Université de Sherbrooke fait figure de pionnière dans le domaine au Québec. «On place chaque année environ 4 000 étudiants en stages coopératifs et on maintient des liens d’affaires avec 1 500 entreprises et organismes, indique Denis-Robert Elias, directeur du Service des stages et du placement de l’établissement. La formule coopérative est particulièrement populaire dans les facultés d’administration et de génie. Mais elle est aussi offerte dans différents programmes en sciences pures, en mathématique et en chimie, par exemple.»
L’École de technologie supérieure, pour sa part, place annuellement près de 2 100 étudiants en stage coopératif, notamment en génie mécanique, en génie électrique et en génie logiciel. L’École Polytechnique de Montréal et l’Université Concordia trouvent chacune des stages coopératifs pour environ 700 étudiants par année dans leurs programmes de génie.
Les programmes d’ATE et d’enseignement coopératif ont fait leurs preuves sur plusieurs plans. Une étude du MELS – dont les résultats seront dévoilés en 2008 – révèle que la réussite scolaire des élèves inscrits en ATE au collégial est nettement supérieure à celle des élèves qui suivent le même programme, sans stages de travail.
En ATE, les élèves du collégial ont l’obligation de réussir leurs cours avant d’aller en stage, précise Sylvie Demers. «Mais au-delà de cette exigence, il semble que l’expérience en milieu de travail a un effet motivant pour la réussite scolaire», dit-elle. Christine Lévesque le confirme. «Les élèves comprennent le bien-fondé de leur formation lorsqu’ils reviennent de leur stage. Ils se montrent plus déterminés dans leurs études.»
Au Centre de formation professionnelle Rimouski-Neigette, où les programmes Carrosserie, Vente-conseil et Dessin industriel sont offerts en ATE, on observe que la formule favorise aussi l’intégration sur le marché du travail. Selon la conseillère pédagogique Ginette Fontaine, «la majorité des élèves inscrits en ATE trouvent un emploi à la fin de leurs études».
Les bons outils
Marie-Claude Blain a réussi non pas un, mais deux diplômes d’études professionnelles en alternance travail-études au Centre de formation Compétence Rive-Sud, à La Prairie. Elle a d’abord réussi, en neuf mois, les trois modules d’apprentissage du programme de secrétariat en plus de réaliser trois stages de deux semaines chacun en milieu de travail.
«Dès mon deuxième stage, dans une école de danse de La Prairie, j’ai pu constater l’efficacité de la formule alternance travail-études, raconte-t-elle. Toutes les méthodes de travail apprises en classe en ce qui a trait, par exemple, à la mise en pages, à la correction et au classement de documents, je les ai utilisées.» Elle a tellement aimé son expérience qu’elle s’est dit qu’un second diplôme, en comptabilité, serait une corde de plus à son arc.
À la fin de ses études, en 2005, Marie-Claude a été convoquée en entrevue dans cinq compagnies et organismes d’envergure. «J’ai finalement décroché un emploi au service de génie de la Ville de Longueuil comme adjointe administrative et secrétaire. J’ai eu l’embarras du choix. J’avais les bons outils et l’expérience requise dans le domaine. Pour moi, l’ATE a été une formule gagnante.»