Formation de base
Formation professionnelle

Une véritable machine à emplois

Peu de jeunes s’inscrivent aux programmes de formation professionnelle en usinage. Pourtant, ils gagneraient gros à le faire. Les emplois sont nombreux et stimulants dans le domaine.

par Sylvie L. Rivard


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 8
septembre 2009


L’idée qu’on se fait du métier de machiniste est souvent celle d’un travail monotone et répétitif consistant à fabriquer toujours les mêmes pièces. Cette perception est erronée, estime Luc Pouliot, directeur adjoint au Centre de formation professionnelle (CFP) Paul-Gérin-Lajoie, à Vaudreuil-Dorion. «Au fur et à mesure que le machiniste prend de l’expérience, il travaille sur des pièces de plus en plus complexes qui exigent une précision inouïe.»

Comme les métiers de l’usinage sont mal connus, les élèves s’inscrivent peu aux programmes de formation, soit le diplôme d’études professionnelles (DEP) Techniques d’usinage, l’attestation de spécialisation professionnelle (ASP) Usinage sur machines-outils à commande numérique (MOCN) et les ASP Outillage et Matriçage.

En 2008, au CFP Paul-Gérin-Lajoie, 95 % des diplômés en techniques d’usinage, en usinage sur machines-outils à commande numérique et en matriçage ont trouvé de l’emploi.

Une pénurie d’élèves

Selon les plus récentes données du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, les inscriptions au DEP en techniques d’usinage ont chuté de près de 65 % en 7 ans au Québec, passant de 1 133 diplômés en 1999-2000, à 421 en 2006-2007. «Avec le boum immobilier des années 2000, les élèves ont délaissé les métiers de l’usinage au profit des métiers de la construction, remarque Claude Dupuis, directeur général du Comité sectoriel de la main-d’œuvre dans la fabrication métallique industrielle. Dommage, car l’industrie de la fabrication métallique, qui emploie 60 % des machinistes, a elle aussi connu une croissance.»

Du côté des ASP, la baisse des inscriptions est encore plus marquée. Les diplômés en techniques d’usinage préfèrent intégrer tout de suite le marché de l’emploi plutôt que de se spécialiser. «Depuis 2001, nous n’avons pas assez d’élèves pour offrir les ASP en matriçage et en outillage, déplore Jean-Pierre Ross, chef du Département de fabrication métallique au CFP L’Émergence, à Deux-Montagnes. Chaque année, on se retrouve avec seulement 2 ou 3 élèves intéressés, alors qu’il en faudrait au moins 14 pour former un groupe.» Dans les trois autres CFP qui enseignent ces spécialités, on offre généralement en alternance l’une ou l’autre des deux attestations (Matriçage et Outillage) parce qu’on manque d’inscriptions pour les proposer en même temps.

Jean-Pierre Ross constate par ailleurs que l’ASP en usinage sur MOCN ne subit pas le même sort. Les jeunes restent attirés par la programmation et les machines-outils à commande numérique. En 2008, une vingtaine d’élèves se sont inscrits dans ce programme au CFP L’Émergence.

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De bonnes conditions de travail

Jean-Pierre Ross estime que les diplômés en techniques d’usinage obtiennent un salaire horaire de départ de 13 $ à 15 $ dans une PME et de 17 $ à 19 $ dans une grande entreprise. «Avec une ASP en usinage sur MOCN, on peut obtenir 1 $ de plus l’heure, alors qu’un matriceur ou un outilleur ira chercher entre 20 $ et 23 $ l’heure.»

«Les ASP permettent de découvrir de nouveaux outils et des méthodes de programmation, dit-il. Les diplômés de ces spécialisations obtiennent non seulement un meilleur salaire d’entrée, mais aussi la possibilité de gravir plus vite les échelons.»

Au Groupe Meloche de Salaberry-de-Valleyfield, un fabricant de pièces et d’équipements pour les secteurs de l’aéronautique et des télécommunications de même que pour les domaines médical, militaire et du transport, les diplômés du DEP ont un salaire horaire de départ de 13,50 $. Les titulaires de l’ASP en usinage sur MOCN ont un peu plus, soit 14 $. Après cinq ans d’expérience, les machinistes (DEP et ASP confondus) peuvent espérer gagner 18 $ l’heure, pour plafonner à 24 $ après une dizaine d’années. «De plus, les machinistes ont des primes de soir et de nuit et un boni en fonction d’indicateurs de performance», explique Anne-Renée Meloche, directrice des ressources humaines.


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Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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