De plus, les professeurs du public – enseignants de carrière ou non – reçoivent de la formation continue afin de garder leurs connaissances à jour. Enfin, «même si nos programmes sont plus longs à changer, cela ne nous empêche pas d’enrichir nos cours pour tenir compte des nouvelles façons de faire dans l’industrie, ajoute Raymond Gilbert. Nous n’avons pas le choix : si l’on ne répond pas aux besoins des employeurs, ils n’embaucheront pas nos diplômés!»
Du côté des employeurs, il est bien difficile de savoir s’ils préfèrent les diplômés issus du public ou du privé. «À ma connaissance, il n’y a pas d’étude québécoise sérieuse qui a cherché à savoir si étudier dans un établissement collégial privé plutôt que public permettait de se trouver plus facilement un emploi, dit Daniel Parent, professeur d’économie à l’Université McGill. Mes propres études montrent toutefois que, au secondaire, étudier dans l’un ou l’autre réseau ne change rien quant au salaire qu’on gagne cinq ans après l’obtention du diplôme.»
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Les trois écoles publiques et les quatre privées que nous avons consultées pour cet article affichaient, pour leur part, sensiblement les mêmes taux de placement : entre 80 et 90 %, voire 100 % pour certains métiers très recherchés comme celui d’électrolyste.
Il faut toutefois savoir que les formations privées ne sont pas toutes synonymes de diplômes express. En effet, on peut passer un, deux ou trois ans au privé à suivre exactement les mêmes cours qu’au public et décrocher un diplôme d’études professionnelles (DEP), un diplôme d’études collégiales (DEC) ou une attestation de spécialisation professionnelle (ASP). Ces formations sont identiques à celles du réseau public, que ce soit sur le plan de la durée, des évaluations, du contenu des cours ou du matériel. En clair, ces écoles à but lucratif sont reconnues par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec.
Quel est l’avantage de faire appel au privé pour un DEC ou une ASP? Les programmes n’y sont pas contingentés : s’il y a une vraie demande de la part des élèves et des employeurs, les établissements ouvrent plus de classes.
D’autres écoles à but lucratif offrent de «vraies» formations express et… ne sont pas reconnues par le MELS parce qu’elles décernent un diplôme maison, signale François Lefebvre, de la Direction des communications du Ministère. «Elles sont considérées comme des entreprises qui vendent de la formation et relèvent donc de l’Office de la protection du consommateur.»
Alors, le privé en vaut-il la chandelle? L’important est de bien se renseigner avant de sortir son chéquier. Concrètement, les responsables des écoles suggèrent aux futurs élèves de prendre une ou deux semaines pour examiner attentivement le contenu des cours de toutes les écoles qui les intéressent et de bien comparer les prix. «Si les droits ou les heures de cours prévues de l’une ou de l’autre sont beaucoup plus ou beaucoup moins élevés, demandez pourquoi», note Isabel Brodeur.
Il est aussi fortement conseillé de se renseigner sur la réputation des écoles auprès d’une association ou d’une fédération professionnelle et de demander aux employeurs s’ils en engagent les diplômés. Enfin, une petite visite sur place donne une idée de l’ambiance et ne peut pas nuire. Et si une école refuse de répondre à nos questions ou de faire visiter les lieux, on en choisit une autre, tout simplement.
AVANT DE S'INSCRIRE… LES BONNES QUESTIONS
• Peut-on consulter le contenu des cours?
• Quelle est la durée du programme?
• Quels sont les préalables exigés?
• Quels sont les critères de sélection et comment peut-on s’y préparer?
• Depuis combien de temps l’école existe-t-elle?
• Quel est le coût total de la formation?
• Quels sont les horaires des cours?
• Combien y a-t-il d’élèves dans un groupe?
• La signature d’un contrat est-elle exigée?
• Combien d’heures sont allouées à la théorie et combien à la pratique?
• Le programme comporte-t-il des stages?
• Ces stages se font-ils en entreprise et sont-ils rémunérés?
• Quel type de relations l’école entretient-elle avec les entreprises?
• Quelles entreprises ont embauché des diplômés?
• L’école a-t-elle un programme d’aide au placement?
• Quel est le taux de placement des diplômés?
• Est-il possible de passer une journée d’observation à l’école avant de s’inscrire?
• Combien de professeurs enseignent dans ce programme?
• Quelles sont les expériences de travail des professeurs et de quelles écoles sont-ils diplômés?
• Y a-t-il des arrangements possibles pour le paiement des droits de scolarité?
• Quelle est la politique de remboursement en cas d’abandon ou d’annulation de cours?
• L’école est-elle reconnue par une association ou une fédération professionnelle?
• L’école est-elle reconnue par l’Agence du revenu du Canada et par Revenu Québec?
• L’école est-elle reconnue par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport?
Source : 500 diplômes express, Éditions Jobboom, août 2004.