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Formation continue

Rester dans la course

Dans un monde du travail en mouvement et dans un contexte économique changeant, les employeurs savent que pour rester dans la course, leur main-d’œuvre doit être performante, et donc bien formée. Pour suivre la cadence, employeurs et employés ont tout à gagner à faire équipe dans des activités de formation continue, qui se décline aujourd’hui en une infinité de possibilités. Voici quelques exemples de réussites.

par Emmanuelle Tassé et Kareen Quesada
Photo : Thérèse Chapdelaine, PPM Photos, Martin Tremblay


Magazine Jobboom
Vol. 4 no. 3 printemps 2003


Monique Larocque

Usine Windsor, Domtar

Suivre le rythme
Monique Larocque

À l’usine Windsor, où l’on fabrique essentiellement du papier fin, la formation continue n’est pas un concept neuf ou en vogue. Elle fait partie du quotidien depuis l’ouverture de l’usine, en 1987. «C’est un mode de fonctionnement parfaitement bien intégré», estime Monique Larocque, directrice de la formation, qui supervise les activités de perfectionnement des 1 000 employés de l’usine. «L’entreprise investit chaque année plus de 4 % de sa masse salariale en formation. Nouvelles technologies, nouveaux modes de gestion : il faut que tout le monde puisse suivre le rythme.» À l’usine, les employés assurent toutes les étapes de la production du papier, de la bille de bois jusqu’aux paquets emballés. Ainsi, la formation contribue notamment à réduire les erreurs humaines. En effet, une machine à papier qui tombe en panne représente une perte sèche de plusieurs milliers de dollars l’heure!

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Durant l’année 2002, les employés ont eu recours à 75 000 heures de formation. La formation peut porter tant sur des projets spéciaux (apprentissage du fonctionnement de nouveaux logiciels ou d’un nouveau système téléphonique) que sur les lois de sécurité au travail auxquelles les grandes entreprises sont soumises, que sur le développement organisationnel (communication, philosophie de gestion, management, etc.). La formation peut aussi viser le remplacement d’employés en congé de maladie, en congé parental, en déplacement ou en formation! Former le personnel et le remplacer pour la durée de la formation monopolise au moins 50 000 heures et touche 800 remplacements par année. L’usine fonctionne en effet 24 heures par jour; plusieurs personnes sont donc nécessaires pour occuper chacun des postes.

Domtar investit plusieurs millions de dollars par année en formation continue. «C’est une tendance, observe Monique Larocque. Toutes les entreprises, grandes ou petites, vont désormais devoir y adhérer, sinon elles seront dépassées par la concurrence, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies. Si on n’investit pas dans de nouvelles façons de faire, le concurrent le fera à notre place.» Le degré de satisfaction des employés de l’usine Windsor serait, selon Monique Larocque, très élevé. «Former les employés contribue à les garder au service de l’entreprise. Ils sont fiers d’être reconnus dans ce qu’ils sont et dans ce qu’ils font, et ils développent un sentiment d’appartenance. Le taux de roulement du personnel demeure très faible chez Domtar», affirme-t-elle. (E.T.)

Alain Leduc

Camco

Construire sur des bases solides
Alain Leduc

Camco, une compagnie montréalaise d’assemblage d’appareils électroménagers, a choisi de favoriser la formation personnelle de base de ses employés en leur offrant des cours de français et de mathématiques. Depuis 1998, l’entreprise leur permet aussi de passer un test d’équivalence de niveau de scolarité du secondaire. À ce jour, 37 employés ont obtenu le certificat et 16 autres sont actuellement inscrits.

«Nos employés ont souvent perdu le contact avec le milieu scolaire pour des raisons sociales et économiques, explique Alain Leduc, président du syndicat de Camco. Nous voulons les convaincre d’investir en eux-mêmes.» L’apprentissage devient d’autant plus stimulant que les ouvriers travaillent ensemble en usine et peuvent échanger sur leurs cours. «Ces connaissances donnent confiance aux gens, observe-t-il. Ils sont plus enclins à tenter leur chance pour un poste supérieur au leur. Et ils ont de meilleures chances de l’obtenir une fois fait ce rattrapage.»

Assembleurs, magasiniers, expéditeurs, réceptionnaires, chefs d’équipe et responsables syndicaux se lancent dans l’aventure à 30, 40 et parfois 50 ans. «Ils comblent courageusement leurs lacunes», souligne Alain Leduc. En 2001, une formation informatique a eu pour effet de rapprocher les employés de leurs enfants et de leurs petits-enfants qui naviguent dans Internet. Prochaine étape : des cours d’anglais, pour lesquels la demande se fait pressante.

Des jumelages de trois à cinq mois, entre un opérateur et un employé apprenti par exemple, facilitent la transmission de connaissances.

«Être formé par des gens sur le terrain met l’apprenti en confiance et lui donne de meilleures assises professionnelles, affirme Alain Leduc. Les résultats sont encore plus probants quand la formation se déroule directement au poste de travail.»

Depuis 1999, environ 25 personnes ont également bénéficié d’une formation donnant accès à des métiers semi-spécialisés (opérateur de machine à cisailler ou de système de peinture, expéditeur-réceptionnaire, etc.). «Le formateur se trouve face à un beau défi, ajoute le président du syndicat. Non seulement les relations de travail se trouvent améliorées par la complicité entre les deux travailleurs, mais celui qui est en fin de carrière a le sentiment d’avoir fièrement passé le flambeau.» (E.T.)


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