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Formation continue

Que réserve l’avenir?

Pas besoin d’une boule de cristal pour prédire l’avenir en matière de formation continue au Québec. Une analyse du Rapport d’activité 2001-2002 du Fonds national de formation de la main-d’œuvre suffit pour anticiper une augmentation constante des activités de formation dans les entreprises québécoises.

par Julie Bourbonnière


Magazine Jobboom
Vol. 4 no. 3 printemps 2003


Ainsi, le Rapport d’activité 2001-2002 révèle que les entreprises investissent chaque année plus de un milliard de dollars dans des activités de formation. Par leur action, elles cherchent à favoriser l’accroissement des compétences en milieu de travail et à faciliter la mobilité des travailleurs au sein d’un secteur industriel.

«Les entreprises admettent maintenant que la formation continue est leur responsabilité. Elles s’y éveillent et reconnaissent la nécessité de l’accroître», explique Jean-Robert Boisjoli, conseiller à la Direction générale adjointe à l’intervention sectorielle d’Emploi-Québec, un organisme qui est chargé notamment de gérer les grandes orientations en matière de formation de la main-d’œuvre.

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Du pain sur la planche

Toutefois, les entreprises ont encore de nombreux défis à relever. «Ainsi, les PME devront développer des partenariats entre elles pour réussir à accroître le nombre de formations disponibles pour les travailleurs», annonce Léa Cousineau, présidente de la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), un forum national de concertation pour l’emploi qui regroupe les principaux décideurs du monde du travail.

«Mais le plus grand défi qui attend les entreprises au cours de la prochaine décennie, ce sera de faire reconnaître les acquis et les compétences professionnels des travailleurs», poursuit Léa Cousineau. Ce travail nécessitera que les comités sectoriels de main-d’œuvre examinent et évaluent les normes professionnelles et les standards de pratique en vigueur dans chaque industrie, dans le but de déterminer la formation que pourront finalement approuver les employeurs.

L’établissement d’une norme professionnelle n’est pas chose facile. «Pour qu’une norme ait du sens, il faut qu’elle recueille un consensus au sein de l’industrie et, pour y parvenir, il faut développer une culture de la formation continue au Québec, prévient Léa Cousineau. Les entreprises devront donc s’entendre sur les connaissances nécessaires pour occuper tel ou tel type de poste et mettre en place des formations agréées et reconnues à travers le pays.»

En ce sens, la CPMT travaillera à accroître la diffusion de l’information et à multiplier les lieux et les moyens d’apprentissage disponibles. Jouant un rôle important dans la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d’œuvre et dans le Programme d’apprentissage en milieu de travail, la CPMT implante le modèle du compagnonnage. Cette formation se déroule en entreprise où les collègues expérimentés sont chargés de transmettre leur savoir-faire aux apprentis sur une base individuelle et structurée.

«On désire aller au-delà de la mise en place de normes professionnelles et de la formation continue, poursuit Léa Cousineau. On souhaite qu’un grand nombre de travailleurs acquièrent des compétences facilement transmissibles, a?n qu’ils puissent s’adapter au changement. Les entreprises doivent comprendre que la formation, c’est payant! Bénéficier d’une main-d’œuvre qualifiée et éduquée, ça n’a pas de prix.»

Apprendre à son rythme

Les experts s’entendent pour dire que la compétitivité des entreprises et leur rendement seront dorénavant liés à leur capacité d’offrir de la formation continue à leurs employés. En ce sens, Hervé Pilon, directeur du service-conseil chez Big Knowledge, une firme spécialisée dans la formation bureautique et technique et les solutions d’apprentissage virtuel, explique que l’enjeu en formation continue concernera la façon de l’offrir et les modes de transmission de l’information.

«L’instantanéité d’Internet rendra l’apprentissage virtuel disponible sur toute la planète en même temps, tout en garantissant l’uniformité de la formation et l’accessibilité aux nouveaux outils d’apprentissage», souligne-t-il. Plus besoin de rester assis dans une classe à écouter un professeur, on apprend à son rythme, où on veut et quand on veut!

Selon Hervé Pilon, le rôle de l’entreprise ne sera donc plus de former, mais bien d’offrir de l’information accessible grâce à de nouvelles méthodes d’apprentissage facilement adaptables, basées sur la technologie. «On est littéralement en train de transformer la façon dont les travailleurs apprendront et intégreront les connaissances», analyse-t-il. Mais la formation virtuelle a tout de même ses limites. «On doit être prudents et apprendre de l’expérience des autres, ajoute Hervé Pilon. Pour commencer, il est sans doute plus approprié d’associer la formation traditionnelle et la formation virtuelle, pour faciliter la transition.»


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