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Formation continue

Côté cours

Cadres, ouvriers ou techniciens, tout le monde gagne à faire de la formation continue. L’investissement en vaut souvent la peine pour faire avancer sa carrière ou simplement acquérir de nouvelles connaissances.

par Anick Perreault-Labelle


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 3 Mars 2007


Devenu charpentier-menuisier par compagnonnage, Jean-François Lafond a suivi un cours de mathématiques appliquées de quatrième secondaire pour obtenir son certificat de qualification. Depuis, il est un habitué de la formation continue. «Me perfectionner facilite mon travail : je fais moins d’erreurs et cela réduit le temps de réalisation d’un projet. En étudiant avec d’autres travailleurs de la construction, je découvre aussi des techniques parfois meilleures que les miennes, ce qui m’aide à m’améliorer», dit cet ouvrier montréalais spécialisé dans la rénovation de bâtiments patrimoniaux.

La formation continue ne fait pas gonfler le salaire de Jean-François Lafond. «Dans l’industrie de la construction, la rémunération est régie par la Commission de la construction du Québec», rappelle-t-il. Ainsi, contrairement à certaines idées reçues, les adultes qui retournent à l’école pour se perfectionner ne le font pas nécessairement pour obtenir un chèque de paie plus généreux. Certains y voient une dimension quasi spirituelle. «Les élèves de la formation continue sont déjà sur le marché du travail. Pour eux, il ne s’agit plus seulement de devenir employables et de réussir leur vie, mais plutôt de suivre leur cœur et de faire ce qu’ils aiment», dit André Bricault, directeur associé chez Bricault Groupe-Conseil, conseiller d’orientation et consultant en psychologie du travail et en management.

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La formation continue permet aussi d’élargir ses horizons professionnels. Par exemple, les infirmières auxiliaires doivent garder leurs connaissances à jour en suivant des cours organisés par l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec, dit Andrée Laporte, directrice des services de la formation et de l’admission à l’Ordre. Elles gagnent toutefois à aller plus loin que ces simples mises à jour obligatoires. «Si elles se forment en pharmacothérapie ou en soins à la mère et au nouveau-né, elles pourront travailler dans plus d’unités de soins», dit Andrée Laporte. «Mais pour devenir infirmière-chef ou coordonnatrice de soins, il faut obtenir un diplôme d’études collégiales en soins infirmiers, puis un baccalauréat en sciences infirmières.»

De toute façon, les patrons ne font pas toujours rimer formation avec meilleure rémunération. «C’est lors de l’évaluation annuelle ou semi-annuelle des employés qu’on décide si on accorde un plus gros salaire à quelqu’un, quand on voit si les cours ont porté fruit!» dit Jean-Robert Lessard, président de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, un organisme qui regroupe une dizaine de municipalités, dont Sainte-Julie, Brossard et Saint-Lambert.

Viser haut

Certaines formations aboutissent tout de même à une hausse de salaire, voire à un nouvel emploi. «J’étais un ingénieur au chômage lorsque j’ai décidé de me rendre plus attrayant sur le plan professionnel en décrochant un diplôme de deuxième cycle en génie industriel, à l’Université Laval. Je n’avais pas encore fini mes cours lorsque la papetière Kruger, à Trois-Rivières, m’a engagé comme chargé de projets. Je pense qu’être en formation a joué en ma faveur lors de l’embauche. La compagnie m’a même laissé travailler à temps partiel au début afin que je puisse terminer mes cours!» dit François Davidson, qui a depuis été promu au poste d’adjoint technique dans la même entreprise.

À son embauche au restaurant de l’hôtel Fairmont, à Mont-Tremblant, Geneviève Dumas a décroché le poste de superviseure de restaurant grâce à son diplôme d’études collégiales (DEC) en gestion hôtelière et à son DEC en administration. Mais, déjà, elle visait le poste de directrice des opérations dans cet établissement. Cinq ans plus tard, pour atteindre son but, elle a profité de son second congé de maternité pour faire un certificat en administration à la Téluq. «Ensuite, parce que j’avais 10 ans d’expérience sur le marché du travail, j’ai été acceptée à la maîtrise en administration, à l’Université du Québec à Montréal.» Ses études – certificat et maîtrise – ont été payées par l’hôtel, son employeur. Ses efforts l’ont finalement menée au poste de gérante des ventes, puis à celui de directrice des opérations. Son nouvel objectif? Diriger l’hôtel!

Francine Carmel a elle aussi évolué professionnellement grâce à de la formation. Chez Hydro-Québec, elle a troqué ses tâches de commis à la comptabilité contre celles de préposée au contrôle et à la comptabilisation des statistiques. «J’ai suivi une douzaine de cours au Cégep@distance, surtout en comptabilité, dans le cadre d’un diplôme créé sur mesure pour Hydro-Québec», dit-elle, ravie de son nouveau poste.


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