Le plus pantouflard des travailleurs n’a plus d’excuses pour ne pas être à jour. Aux yeux des employeurs, les cours à distance sont aussi utiles que ceux offerts en classe. Et ils coûtent même parfois moins cher!

«Les formations à distance sont très proches des formations traditionnelles : les deux offrent littéralement les mêmes cours, les mêmes examens, les mêmes professeurs et le même taux de diplomation», dit Jean-Benoît Caron, directeur du bureau de la formation à distance de l’Université Laval.
Les cours que l’on suit chez soi, que ce soit au moyen de livres et cahiers d’exercices ou d’un ordinateur, peuvent même coûter un peu moins cher que ceux qui se donnent en classe. Par exemple, le certificat en comptabilité générale de la Téluq coûte une cinquantaine de dollars de moins que celui offert entre les murs de l’UQAM. Pourquoi? Notamment parce que, contrairement à l’université en béton et en briques, l’école virtuelle ne fait pas payer ses élèves pour des installations sportives, entre autres.
«Si on calculait le coût par heure pour un étudiant qui suit un cours à distance, il ressemblerait beaucoup à celui d’un cours en classe», dit André Lefebvre, directeur de ilasallecampus, le campus à distance du Collège LaSalle. Cela dit, on trouve parfois quelques différences. Par exemple, «dans les programmes sur le multimédia, l’élève à distance devra se procurer les logiciels qui permettent d’éditer du son ou de la vidéo, alors qu’en classe, ces logiciels sont fournis». Par contre, un autre étudiant qui étudie à la maison profitera du fait qu’il n’aura rien à acheter, car toute la documentation est en ligne.
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Les cahiers de notes et d’exercices que les élèves reçoivent par la poste sont toutefois un peu différents de ceux utilisés en classe. «Ils sont conçus comme si un professeur s’adressait directement à l’élève : ils sont écrits au “vous”, pointent les exercices à reprendre lorsqu’il échoue à un test ou rappellent la présence des enseignants ou tuteurs qu’il peut joindre pour obtenir de l’aide», dit Suzane Cormier.
Néanmoins, les élèves sont de plus en plus nombreux à peupler des classes virtuelles. Plusieurs professeurs diffusent une partie de leur cours à la télévision – au Canal Savoir, par exemple – ou sur le Web. «Mes étudiants ont tout ce dont ils ont besoin dans Internet pour suivre leurs cours : des activités, des outils de programmation, des documents d’explication, des exemples, des témoignages vidéo de programmeurs, etc.», explique Richard Hotte, professeur d’informatique à la Téluq.
Au Cégep@distance, les techniques d’éducation à l’enfance utilisent une vidéo montrant des enfants en action, tandis qu’à l’Université Laval le certificat en horticulture et en gestion d’espaces verts, par exemple, inclut un cédérom avec des photos et images de plantes.
Et on n’arrête pas le progrès. Certaines formations virtuelles sont divisées en modules. Des images interactives ou des voix guident alors l’étudiant d’un exercice et d’un concept à un autre. C’est notamment le cas dans le site de ilasallecampus, où l’on peut apprendre le dessin assisté par ordinateur ou la décoration d’intérieur de cette façon.
Ceux qui étudient à distance ne sont donc pas isolés. Même lorsque les cours ne sont pas synchrones, il y a toujours moyen de poser une question, par courriel ou par téléphone, à un professeur ou un tuteur. Certes, la réponse peut mettre jusqu’à 48 heures à arriver : une éternité quand on est pris dans un devoir embêtant! «Il y a toujours moyen de se rabattre sur les forums de discussion du cours ou du programme, note Raymond Duchesne, directeur de l’enseignement et de la recherche à la Téluq. De toute façon, même les étudiants qui viennent en classe sur le campus ne voient leur professeur qu’une fois par semaine!»