Formation continue

Quand le cégep assure la formation en entreprise

Si plusieurs améliorations restent à effectuer à la formation continue au collégial, son service aux entreprises est un îlot où règne l’unanimité quant à son succès.

par Charles Messier


Magazine Jobboom
Vol. 10 no. 7
août 2009


Le service aux entreprises de la formation continue est un «fleuron» du réseau collégial, affirme sans ambages la présidente de la Commission des affaires de la formation continue à la Fédération des cégeps, Brigitte Bourdage. Par exemple, des centaines de travailleurs en bénéficient chaque année uniquement au Cégep Marie-Victorin, là où elle dirige également la formation continue. Et c’est la même chose dans plusieurs autres établissements collégiaux, assure-t-elle.

Les chiffres sur le nombre de travailleurs qui en profitent ne sont cependant pas dévoilés. C’est que ce service est comme une entreprise privée au sein d’un service public, indique le chargé de projet de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes, Daniel Baril. Révéler de telles informations pourrait donc donner des munitions aux compétiteurs désireux de dénicher de nouveaux clients.

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Mais il y a certainement eu une hausse importante de la formation offerte aux entreprises depuis l’adoption de la Loi sur les compétences (loi du 1 %) en 1995, avance Daniel Baril. À l’époque, elle obligeait les entreprises dont la masse salariale était de 250 000 dollars et plus à consacrer 1 % de cette masse à la formation de leur personnel. Depuis 2007, seules les entreprises dont ce montant atteint un million de dollars sont soumises à cette loi.

Du concret

Le Magazine Jobboom a interrogé deux entreprises qui recourent au service aux entreprises du Cégep de Maisonneuve. Chacune souligne à quel point le service s’adapte bien à ses demandes. La visite des enseignants dans le milieu de travail pour rendre la formation concrète est particulièrement appréciée.

À HEC Montréal, on fait affaire avec le service aux entreprises depuis plus de 10 ans pour former les employés aux logiciels de bureautique.

Aux Viandes Décarie, où l’on transforme et distribue de la viande congelée, le service aux entreprises a mieux répondu à leurs besoins que n’importe quel établissement de formation public ou privé. L’entreprise s’est vu proposer un formateur issu du milieu, qui avait gravi les échelons et occupé plusieurs postes dans l’industrie. «Je trouvais que c’était avantageux d’avoir quelqu’un qui connaissait le goût de la soupe plutôt que quelqu’un qui l’avait juste vue», illustre un superviseur de l’entreprise, Serge Paradis.

Le mandat de l’enseignant a consisté à former des employés pour devenir chefs d’équipe. En 30 heures, il devait leur apprendre à développer leur leadership, faire de la discipline et communiquer avec les employés. «J’ai beaucoup apprécié la disponibilité du formateur et du personnel du cégep», dit Serge Paradis.

À HEC Montréal, on fait affaire avec le service aux entreprises depuis plus de 10 ans pour former les employés aux logiciels de bureautique. «On a fait des recherches et c’est eux qui offraient le programme le plus complet, le plus flexible et le moins coûteux», dit la conseillère en gestion des ressources humaines à HEC Montréal, Michèle Pulichino. Cette formation est d’ailleurs appréciée par les employés. Et comme elle en a elle-même profité, Michèle Pulichino sait de quoi elle parle!


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