La sélection des 150 formations gagnantes des Carrières d’avenir 2006 montre que le manque de travailleurs spécialisés est critique dans des domaines aussi variés que l’administration, l’agriculture, la construction, la mécanique et les services alimentaires. Pour plus de la moitié des programmes d’études répertoriés, le nombre de diplômés est nettement insuffisant pour répondre aux offres d’emploi que reçoivent les établissements d’enseignement. Voici quelques exemples parmi les plus éloquents.

Du côté de la formation professionnelle, c’est le cas notamment en boucherie de détail. Le Centre de formation professionnelle (CFP) l’Envolée-de-Montmagny a reçu 35 offres d’emploi pour seulement 7 sortants en 2005. «Le départ à la retraite de certains bouchers et le fait que les supermarchés offrent de plus en plus de produits préparés contribuent à accentuer la demande de travailleurs spécialisés en boucherie», mentionne Johanne Simard, conseillère d’orientation.
La soixantaine de diplômés en conduite de procédés de traitement de l’eau, formés annuellement au CFP Paul-Gérin-Lajoie de Vaudreuil-Dorion, sont aussi recherchés. Le vieillissement des employés dans les usines de filtration et d’épuration, de même que les nouvelles dispositions du Règlement sur l’eau potable (obligeant les municipalités à embaucher des opérateurs qualifiés) expliquent la forte demande. «Même si nous accueillons deux fois plus d’élèves depuis quatre ans, nos sortants ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande», mentionne Jean-Pierre Trudelle, enseignant.
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Le manque de diplômés se fait également sentir en mécanique automobile. En 2005, au Collège technique Aviron Québec, les 25 diplômés de ce programme ont trouvé du travail. «Nous pourrions former 20 mécaniciens de plus par année, et ils décrocheraient tous un emploi, dit Steve Dunant, adjoint au directeur de l’établissement. Beaucoup de mécaniciens dans ce domaine commencent à prendre leur retraite, ce qui devrait assurer de bonnes perspectives d’emploi au cours des prochaines années.» Les CFP qui offrent les programmes Production laitière et Production porcine disent aussi ne pas avoir assez de diplômés pour répondre aux offres des employeurs.
En formation collégiale, le problème touche entre autres les programmes Assainissement de l’eau, Conseil en assurances et en services financiers, Technologie de la transformation des aliments et Techniques d’hygiène dentaire. Au Cégep de Lévis-Lauzon, par exemple, les 11 diplômés de 2005 en conseil en assurances et en services financiers n’ont pas suffi à répondre à la demande. Les employeurs se disputent les sortants de ce programme, qu’ils viennent recruter sur place. «La population vieillit, les baby-boomers veulent faire fructifier leur argent et ont de plus en plus besoin de conseillers pour le faire», observe Christine Lévesque, conseillère en emploi de cet établissement.
Les hygiénistes dentaires non plus ne sont pas assez nombreux sur le marché du travail. En 2005, le Collège Édouard-Montpetit a reçu une centaine d’offres d’emploi pour ses 18 diplômés. Louise Bourassa, coordonnatrice du Département des techniques d’hygiène dentaire au Collège François-Xavier-Garneau, renchérit en soulignant qu’elle doit lutter pour que les employeurs ne viennent pas chercher les élèves de ce programme avant qu’ils n’aient terminé leur formation.
Certains programmes universitaires sont aussi concernés par une pénurie de diplômés. C’est le cas, entre autres, d’Actuariat, d’Adaptation scolaire et de Médecine vétérinaire. À l’Université Laval, le taux de placement des diplômés en actuariat est excellent. Les offres d’emploi abondent et proviennent du Québec autant que du reste du Canada et des États-Unis.
Par ailleurs, à l’Université de Montréal, il y a toujours plus d’offres d’emploi en adaptation scolaire que de sortants. Jean-Pierre Charland, vice-doyen au Centre de formation initiale des maîtres de la Faculté des sciences de l’éducation, pense que cette tendance devrait s’accentuer au cours des prochaines années. «Trente-cinq pour cent des élèves du secondaire ne parviennent pas à terminer leur programme d’études. Cela hausse les besoins de professionnels de l’adaptation scolaire.»
À noter qu’à tous les ordres d’enseignement, la majorité des programmes liés à la santé et à la construction souffrent aussi d’un manque de diplômés. Cela touche, par exemple, les programmes Charpenterie-menuiserie (formation professionnelle), Techniques d’inhalothérapie (formation collégiale) de même que Génie civil et Sciences infirmières (formation universitaire).
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