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Placement des diplômés
Parcours de diplômés

Au hasard des chemins

À l’heure des grands choix de carrière, on s’imagine artiste peintre, mécanicien, chercheur, infirmière… Mais entre l’obtention du diplôme et les premiers «vrais» jobs, plusieurs surprises surgissent, bonnes et moins bonnes.

De déceptions en découvertes, on emprunte souvent un parcours sinueux fait de détours et d’arrivées. En quoi les aléas du marché du travail — ou de la vie — marquent-ils le cheminement professionnel? Nous avons demandé à neuf jeunes diplômés de faire la part entre le rêve et la réalité. Récits.

propos recueillis par Nadine Descheneaux, Anne Girard, Marie-Lyse Paquin
Photos : François Roy


Magazine Jobboom
Vol. 6 no. 1 janvier 2005


Non, je ne regrette rien!

Jean Soucy • Agent technique-machiniste, Université de Montréal

Diplôme d’études professionnelles (DEP) en techniques d’usinage • Centre de formation professionnelle L’Émergence, Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles

À 32 ans, après avoir enfilé les emplois depuis la fin de ses études secondaires — soudeur, opérateur dans un centre de traitement des résidus industriels et journalier pour un fabricant de fibre de verre —, Jean Soucy a décidé de retourner à l’école. «Je ne sentais pas que j’exploitais mes capacités à leur juste valeur. J’étais convaincu d’avoir plus à donner», dit-il.

Pourtant, financièrement, il était comblé : bon salaire en tant que journalier, maison, voiture, moto. Mais les défis manquaient à l’appel. «J’avais atteint le plus haut échelon chez mon employeur. Je savais aussi que je ne voulais pas demeurer là pour le restant de mes jours», raconte-t-il.

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La possibilité de retourner aux études lui trottait dans la tête depuis déjà deux ans. Un ami avait suivi une formation professionnelle en techniques d’usinage et Jean sentait qu’il avait les aptitudes nécessaires pour le métier de machiniste, qui demande d’ajuster et de réparer des pièces de machinerie. Les dix-huit mois consacrés à terminer son DEP en techniques d’usinage ont confirmé son nouveau choix de carrière… même s’il devait jongler avec les sinus, cosinus et autres tangentes mathématiques! «Je suis perfectionniste et doté d’une grande dextérité manuelle. Je suis un gars de détails», confie Jean, qui dans ses loisirs fabrique des pièces de moto.

À sa sortie de l’école, en janvier 2002, il a occupé un emploi dans un atelier d’usinage pendant quatre mois avant de décrocher un poste d’agent technique-machiniste à l’Université de Montréal. À partir des plans que lui remettent les ingénieurs, il fabrique des pièces ou même des moteurs pour les différentes facultés ou pour des clients de l’Université. Un travail qu’il occupe toujours aujourd’hui et qu’il aime notamment parce qu’on lui donne «beaucoup de latitude pour penser, développer et créer».

Quand il s’arrête pour faire un bilan, Jean est heureux du chemin parcouru. «J’ai fait des sacrifices pour en arriver là, mais maintenant j’occupe un emploi que j’aime. Je ne regrette pas d’avoir fait d’autres métiers. Peut-être que je ne serais pas là où je suis si je n’avais pas suivi cette route. Les rêves peuvent se réaliser, mais encore faut-il se donner les moyens d’y arriver.»

À grands coups de courage, de détermination et de confiance en lui, Jean s’est taillé son bonheur. Bien qu’il soit pleinement comblé et passionné par son métier, il ne s’accommode pas de la facilité. «Je veux tout le temps davantage. J’espère enseigner un jour pour partager ma passion. J’aimerais aussi me lancer à mon compte en créant de belles pièces artistiques pour les motos. Et, plus encore, j’aimerais devenir ingénieur.»

Itinéraire personnel

Après l’école secondaire, il occupe mille et un gagne-pain : journalier, soudeur, opérateur, etc., mais aucun ne comble ses aspirations.

Le déclic : un ami lui parle du DEP en techniques d’usinage. Il s’inscrit dans ce programme : bingo, il aime ça!

Il est embauché dans un atelier d’usinage à sa sortie de l’école. Il y reste quatre mois.

Il postule et décroche un poste à l’Université de Montréal. Son travail est axé sur la création de pièces, ce qu’il adore.


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