D’un bout à l’autre du Québec, plusieurs centres de formation professionnelle peinent à répondre à la demande des employeurs, que ce soit en secrétariat, en techniques d’usinage ou en aménagement de la forêt.

La province au grand complet cherche des diplômés en techniques d’usinage. «Nous n’avons que 12 élèves alors que nous avons reçu 80 offres d’emploi. Ils sont tous placés, même ceux qui vont commencer leurs cours en septembre!» résume Jean-Yves Matton, directeur adjoint en formation professionnelle au Centre régional intégré de formation, de la Commission scolaire Val-des-Cerfs, à Granby.
Même constat au Centre Bernard-Gariépy, à Sorel-Tracy. «En usinage, on a davantage d’offres d’emploi que de candidats depuis que l’aviation a repris, dit Paul Boutin, responsable du service de placement. La situation est semblable dans le secteur manufacturier, ainsi que pour les programmes liés à la métallurgie ou à la transformation agroalimentaire.» Même son de cloche au Centre intégré de mécanique, de métallurgie et d’électricité (CIMME), à LaSalle, et au Bureau d’emploi en formation professionnelle de la Mauricie, où 16 offres d’emploi sur 21 sont restées sans réponse.
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Le Québec manque aussi de candidats passionnés par la mécanique. Marc Bernier, conseiller en formation au Centre de formation en mécanique de véhicules lourds, dans Chaudière-Appalaches, estime que le taux de placement est de 90 à 100 % pour ses élèves en mécanique d’engins de chantier, en mécanique de véhicules lourds routiers et en mécanique de moteurs diesels et de contrôles électroniques. «Le transport routier croît depuis une dizaine d’années, tandis que les engins sur les chantiers de construction fonctionnent tous au diesel», souligne-t-il. On abonde dans ce sens au Centre de formation professionnelle (CFP) Wilbrod-Bherer, à Québec, où les diplômés en carrosserie sont aussi très recherchés.
La tendance est également très favorable pour les diplômés du CIMME en mécanique industrielle de construction et d’entretien. Il en va de même sur la Côte-Nord, «grâce à la présence d’alumineries et d’usines de pâtes et papiers», précise Stéphanie Beaudet, conseillère d’orientation au CFP de Baie-Comeau. La demande est également accentuée au Saguenay–Lac-Saint-Jean : «Quelques grosses usines ont fermé leurs portes, mais les PME développent de nouveaux créneaux, notamment dans la coupe du fer», explique Martin Bédard, agent de liaison au CFP Jonquière.
D’autres postes en usine sont également à pourvoir. Par exemple, les diplômés de l’attestation professionnelle (ASP) en soudage haute pression sont extrêmement recherchés. «Je reçois des appels de partout au Québec et tous nos sortants de cette année sont placés, précise Bertrand Michaud, conseiller pédagogique au CFP Mont-Joli-Mitis. Les titulaires du DEP en soudage-montage sont très recherchés par les employeurs, c’est pourquoi ils ne sont guère motivés à terminer leur formation avec une ASP en soudage haute pression», explique-t-il. Au Centre Bernard-Gariépy, on confirme que la demande de soudeurs-monteurs est forte. À la Commission scolaire des Monts-et-Marées, dans le Bas-Saint-Laurent, tous les diplômés dans ce domaine trouvent un emploi.
Dans cette région, «il y a également une grande demande de diplômés en conduite de machines industrielles, particulièrement dans les emplois du secteur de l’énergie éolienne ou de deuxième et troisième transformation du bois», remarque Martine Carrée, agente d’information à la formation professionnelle à la Commission scolaire des Monts-et-Marées.
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La charpenterie-menuiserie profite aussi de la bonne santé de la construction, note-t-on à la Commission scolaire du Fleuve-et-des-Lacs, à Cabano. Par ailleurs, «à cause du boum dans le domaine de la rénovation, on manque de spécialistes en vente de produits de quincaillerie : les propriétaires de maisons veulent tout faire eux-mêmes mais aiment avoir de bons conseils», ajoute Martin Bédard, à Jonquière.