Alors que la génération des baby-boomers commence à prendre sa retraite, les employeurs se bousculent aux portes des cégeps pour mettre le grappin sur les diplômés des programmes techniques. Profitez de la manne!

«Depuis le temps qu’on en parle, cette fois-ci, c’est vrai : on entre dans la phase des départs à la retraite, et les entreprises commencent à manquer sérieusement de main-d’œuvre», constate Denise Breton, conseillère à la vie étudiante au Cégep de Rivière-du-Loup.
D’ailleurs, tous les cégeps ayant répondu à notre enquête sur le placement des diplômés en 2006 disent recevoir des offres d’emploi à la pelletée. «Le téléphone ne dérougit pas, confirme Johnny Gauthier, responsable du service de placement du Cégep de Chicoutimi. Les besoins sont de plus en plus criants.» Au Cégep de Sainte-Foy, par exemple, on avait reçu 438 offres au 16 mai 2006, comparativement à 387 l’an dernier. Et au Cégep de Granby–Haute-Yamaska, on prévoit cette année «un taux de placement de 98 %, tous programmes confondus, tant il y a de possibilités d’emploi», remarque Suzie Bélanger, agente de bureau au service de réussite éducative.
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En règle générale, tous les programmes se portent bien, mais on remarque tout de même quelques ralentissements mineurs. Au Cégep de Granby–Haute-Yamaska, par exemple, les finissants en tourisme sont moins sollicités cette année. Au Collège Inter-Dec, le programme Cuir, textile et habillement subit les conséquences de la concurrence chinoise, ce qui entraîne une légère baisse des offres d’emploi, selon le responsable du service de placement, Peter Bullman. Au Cégep de Limoilou, ce sont les diplômés en technologie de la géomatique, option cartographie, qui doivent chercher un job plus longtemps qu’à l’habitude, alors qu’au Cégep de Victoriaville, ce sont les finissants en techniques d’éducation à l’enfance. «Les diplômés de ce secteur ont plus de difficulté à se placer à cause de la saturation dans les services de garde, du moins dans notre région», affirme Lise Geoffroy, du bureau de l’information scolaire et du placement. Mais dans tous les cas, on est loin de la catastrophe.
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Ainsi, les techniciens en génie civil, en mécanique du bâtiment, en estimation et évaluation du bâtiment, en architecture et en technologie de la géomatique, option géodésie, remportent la palme de la popularité. «C’est logique : de très nombreuses infrastructures au Québec sont vétustes et doivent être réparées. On a besoin de main-d’œuvre pour refaire les routes, la tuyauterie et la canalisation des égouts», explique Charles Bourgeois, coordonnateur du service des stages et du placement au Cégep Limoilou. C’est sans compter les projets de barrage, comme celui de Péribonka, et l’effervescence du marché immobilier. Même le programme de design d’intérieur du Cégep de Rivière-du-Loup profite de la bonne santé du marché de la construction, puisqu’il faut donner du style et de la couleur aux habitations qu’on érige! «La demande est très forte en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord», observe Denise Breton.
Les sortants des programmes de bureautique ont aussi la cote. «En raison des départs à la retraite, beaucoup ont trouvé un poste permanent dans la fonction publique et à l’Université Laval», remarque Charles Bourgeois. Au Collège O’Sullivan, le taux de placement des diplômés en secrétariat est de 98 %, tandis qu’au Collège de Valleyfield, il est de 100 %. «En revanche, nous avons du mal à recruter des élèves, remarque Luc Thifault, conseiller en formation au Collège. Nous recevons deux fois plus d’offres que nous n’avons de diplômés.»
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L’informatique fait également un retour remarqué après une période difficile. «C’est l’explosion cette année, affirme Chantal Gingras, responsable du placement étudiant et conseillère en information scolaire au Collège de Bois-de-Boulogne. Je n’ai jamais reçu autant d’offres d’emploi dans ce domaine! Des collèges, des commissions scolaires, des CLSC et des entreprises de tous les secteurs nous appellent, car ils ont besoin de techniciens pour développer leur système de réseaux.»
Même constat au Collège de Rosemont, où «l’offre est bien meilleure que l’an passé, selon Mélanie Gratton, conseillère en information scolaire et professionnelle. On reçoit beaucoup d’offres pour des postes de soutien aux usagers.» La situation semble toutefois moins favorable à l’extérieur de Montréal : «Beaucoup de diplômés en informatique doivent accepter de quitter la région pour trouver un emploi», remarque Denise Breton, du Cégep de Rivière-du-Loup.