
«En génie électrique, il y a du travail dans les PME de Québec et de Montréal, mais c’est plus difficile de se placer au Saguenay, dit Johnny Gauthier, du Cégep de Chicoutimi. Auparavant, ces diplômés étaient embauchés par les gros joueurs de l’industrie forestière, comme Abitibi-Consolidated ou Kruger, mais le ralentissement dans le secteur du bois nuit à l’embauche.»
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Le problème de la mobilité se fait aussi sentir en technologie minérale, un secteur qui a repris du poil de la bête avec la montée du prix de l’or. Malgré les salaires mirobolants qu’offrent les entreprises d’exploitation de gisements (jusqu’à 750 $ net par semaine, logement fourni), les élèves hésitent à faire leurs valises. «C’est un phénomène qui me frappe depuis quelques années : les jeunes ne souhaitent pas quitter leur ville, remarque Valérie Bernier, conseillère au service de placement et des stages du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Ils ont peur de s’ennuyer de leur famille. Malheureusement, la plupart des mines sont éloignées des grandes villes comme Rouyn et Val-d’Or.»
La liste des techniques qui ne forment pas assez d’élèves pour répondre à la demande du marché est aussi longue que diversifiée : chimie, logistique de transport, génie métallurgique, services alimentaires, aménagement du territoire, etc. (voir encadré). «En hygiène dentaire, les employeurs ont de tels besoins qu’ils sont prêts à offrir une prime à l’embauche et à payer le déménagement», remarque Johnny Gauthier, du Cégep de Chicoutimi.
«En électrotechnique, je reçois le double d’offres d’emploi par rapport au nombre de sortants, remarque Suzie Bélanger, du Cégep de Granby–Haute-Yamaska. Il y a peu d’inscrits, peut-être parce que les jeunes ne trouvent pas très intéressant de travailler en usine derrière un panneau de commande! Dans ce programme, les élèves sont souvent un peu plus âgés.» En maintenance industrielle également, une offre d’emploi sur deux ne peut trouver de candidat. «Cette année, on avait seulement six diplômés, et l’an prochain, on n’a que quatre inscriptions, se désole Françoise Bourdages, responsable du service de placement au Cégep de la Gaspésie et des Îles. Pourtant, les fabricants d’éoliennes fournissent de l’ouvrage!»
Même son de cloche pour la technique en horticulture agricole du Cégep régional de Lanaudière, où l’on a reçu 13 offres pour 6 diplômés. «La survie du programme est sérieusement menacée», note Serge Turcotte, responsable du service de placement de l’établissement. Les conditions de travail difficiles, la nature saisonnière de l’emploi et les salaires y sont peut-être pour quelque chose. «En agriculture, ce n’est pas facile de recruter des employés, constate Lise Geoffroy, du Cégep de Victoriaville. C’est un secteur où l’on travaille 70 heures par semaine l’été. Reste que nos diplômés en horticulture agricole se voient offrir beaucoup de postes en gestion de fermes, en implantation de jardins communautaires ou encore dans la fonction publique, au ministère de l’Environnement.»