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Julie Vaillancourt, conseillère en emploi à l’Université Bishop’s, confirme cette tendance, de même que Michel Bergeron, responsable du service d’aide à l’emploi à l’Université du Québec à Chicoutimi. «On reçoit quatre offres par étudiant», soutient-il. À l’Université du Québec à Montréal, François Labrecque, conseiller en information scolaire, enregistre aussi une hausse de la demande pour les sortants en comptabilité.
D’où vient cette vague de popularité? L’actualité politique de l’année qui vient de s’écouler nous fournit un indice, selon M. Francq. «Les scandales financiers qui ont eu lieu au cours des derniers mois au sein des entreprises privées et publiques contribuent à mettre l’accent sur l’importance de la vérification financière», explique-t-il.
L’analyse de Marie-Claude Marin, coordonnatrice du service universitaire de l’emploi à l’Université de Montréal, est identique : «Tous les domaines qui relèvent des sciences de la santé et des sciences de l’éducation sont demandés. En éducation, plus particulièrement, on recherche surtout des diplômés en adaptation scolaire, en enseignement des sciences et en enseignement de l’anglais langue seconde. Dans cette dernière discipline, on a seulement deux diplômés au baccalauréat cette année!»
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De plus, les étudiants en sciences de l’éducation ne sont pas recherchés qu’au Québec : des recruteurs du reste du Canada et même de pays étrangers les réclament, souligne Julie Vaillancourt. «Les recruteurs viennent particulièrement de l’Ouest canadien [Manitoba et Saskatchewan]. Même à Toronto, on recherche des professeurs pour enseigner des programmes francophones», ajoute Michel Bergeron.
Dans le secteur de la santé, Marie-Ève Thérien, agente de communication à l’Université d’Ottawa, note une hausse dans le domaine de la biopharmacie et de la physiothérapie. «Nos infirmiers et infirmières sont aussi évidemment très demandés.» Pour sa part, Mme Marin soutient que les employeurs rivalisent de créativité pour recruter des diplômés, en particulier en région. «Les conditions offertes sont souvent très alléchantes, certains employeurs offrant, par exemple, des primes d’éloignement ou des réductions des coûts d’hébergement», affirme-t-elle.
«En sciences humaines, souligne Mme Marin, on avait connu un petit boum il y a quelques années parce qu’il y avait alors beaucoup de subventions fédérales, émanant notamment de Patrimoine Canada, ce qui favorisait l’embauche dans le domaine culturel. Ces programmes de subventions touchent à leur fin, d’où une certaine diminution des offres d’emploi. Cependant, l’employeur numéro un des diplômés en sciences humaines demeure toujours la fonction publique», note-t-elle.
La mondialisation pourrait également avoir une influence sur les salaires offerts chez nous. «La forte concurrence étrangère pourrait entraîner la création d’emplois moins rémunérés. Mais cela va peut-être favoriser les récents diplômés, qui cherchent un premier emploi dans leur domaine d’études, même s’il est moins bien payé», conclut Marie-Claude Marin avec un brin d’optimisme.