
En ce qui concerne l’attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en secrétariat juridique, par contre, il semble que le marché n’encourage pas les candidats à la formation. Ce programme est réservé aux diplômés du DEP en secrétariat. Déjà recherchés, les finissants du DEP préfèrent travailler tout de suite plutôt que de rester sur les bancs de l’école trois mois de plus pour obtenir l’ASP.
De toute façon, «la rémunération des secrétaires généralistes a augmenté. Leur salaire initial est de 12 $ l’heure, alors que les secrétaires juridiques obtiennent 13 $», dit Lyne Michaud, conseillère en emploi du CFP Marie-Rollet. Les données de la plus récente Relance au secondaire en formation professionnelle, du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, confirment que l’écart salarial est minime. En 2006, les secrétaires généralistes qui travaillaient à temps plein gagnaient en moyenne 492 $ par semaine, alors que les secrétaires juridiques recevaient 507 $.
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La question salariale titille aussi les diplômés en métallurgie. «Des entreprises albertaines viennent chercher les soudeurs-monteurs et les soudeurs haute pression directement au centre, raconte Benoît Desjardins, directeur du CFP Mont-Joli-Mitis. Plusieurs finissants s’envolent donc vers l’Ouest canadien pour un salaire de 37 $ l’heure, alors que d’autres vont travailler dans les grands centres du Québec pour 17 $ l’heure. Les entreprises de la Gaspésie, qui paient environ 12 $ l’heure, s’arrachent les diplômés qui restent en région.» Dans l’ensemble du Québec, les jeunes soudeurs gagnent en moyenne 607 $ par semaine, soit environ 15 $ l’heure, selon la Relance.
Dans le secteur du meuble, où la concurrence étrangère fait pression sur les manufacturiers d’ici, la situation laisse croire que les perspectives d’emploi sont faibles pour certains diplômés, notamment ceux du DEP Ébénisterie. Résultat : ce programme, qui était contingenté jusqu’en 2004, peine maintenant à recruter des candidats. Au printemps 2007, seulement une vingtaine d’élèves ont reçu leur diplôme dans ce domaine au Centre de formation Rimouski-Neigette. Or, il en aurait fallu trois fois plus pour répondre à la demande dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord. Des employeurs appellent d’ailleurs chaque semaine au centre pour embaucher des diplômés. «Les salaires horaires d’une dizaine de dollars ne sont pas alléchants. Pourtant, la demande d’ébénistes est forte, surtout parce que de nombreux retraités ont besoin de leurs services quand ils rénovent leurs maisons», explique René Roy, enseignant au Département d’ébénisterie.
Toujours au Centre de formation Rimouski-Neigette, on note aussi un manque de finissants en dessin industriel, malgré les difficultés du secteur manufacturier. Au printemps 2007, les sept diplômés de ce DEP n’ont pu pourvoir à la trentaine d’offres d’emploi qui leur était adressée. Mais les inscriptions insuffisantes s’expliquent aussi par les salaires, qui demeurent peu élevés même s’ils sont passés de 10 à 13 $ l’heure en trois ans, croit Serge Duguay, enseignant de dessin industriel (le taux horaire qu’il cite est confirmé par la Relance). «Les entreprises ont besoin de travailleurs qualifiés parce que leurs logiciels de dessin industriel évoluent constamment», affirme M. Duguay.