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Les diplômés des programmes techniques de la formation collégiale sont sollicités, et ce, même dans certains secteurs en difficulté. Petit tour d’horizon du placement au printemps 2008.

L’enquête annuelle des Éditions Jobboom sur le placement des diplômés du collégial révèle une chose : les nouvelles sont bonnes pour un grand nombre de programmes.
L’éclatement de la bulle technologique au début des années 2000 n’est plus qu’un mauvais souvenir dans l’industrie des technologies de l’information. La demande de main-d’œuvre croît même depuis trois ans. Tous les établissements interrogés offrant le diplôme d’études collégiales (DEC) Techniques de l’informatique ont reçu, pour leurs finissants de l’hiver 2008, davantage d’offres d’emploi qu’ils n’ont de diplômés.
Par exemple, Gaétane Cormier, la responsable du bureau de liaison avec l’entreprise au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, rapporte avoir reçu 35 offres pour ses 11 diplômés. Le Collège de Rosemont, à Montréal, a reçu 285 offres d’emploi pour 22 diplômés en 2006-2007, puis 243 pour 23 diplômés cette année.
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À Québec, Geneviève Duchesne, conseillère des programmes d’études au Collège François-Xavier-Garneau, attribue les besoins des employeurs aux nombreux départs à la retraite dans la fonction publique. Pour Annie Marceau, conseillère en emploi au Cégep de Sainte-Foy, «la présence de joueurs majeurs de l’industrie [des jeux vidéo et du multimédia] dans la région de Québec» contribue aussi au phénomène. Selon ses données, les employeurs les plus importants sont Ubisoft, Beenox et le gouvernement du Québec.
Les offres d’emploi abondent aussi dans le secteur de l’administration et plus particulièrement en techniques de comptabilité et de gestion. Plusieurs postes sont offerts dans les secteurs public et privé, selon l’enseignante Karina Brassard, du Cégep Champlain-St. Lawrence, à Sainte- Foy. Cet établissement n’avait que six finissants en 2008.
Au Collège de Bois-de-Boulogne, à Montréal, les offres sont nombreuses pour les finissants de ce DEC. S’il y a peu de techniciens, c’est notamment que plusieurs diplômés s’inscrivent à l’université pour obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail. Parmi les neuf finissants de 2007, cinq l’ont fait, note la responsable du placement, Chantal Gingras.
Les nouveaux ébénistes sont rares, eux aussi. L’enseignant Jean-Luc Fauvel rapporte que le Cégep de Lanaudière, à Terrebonne, ne distribue chaque année que quatre ou cinq DEC Techniques du meuble et de l’ébénisterie. «S’il y en avait 15, tous trouveraient un emploi bien rémunéré directement lié à leur domaine.»
Si les jeunes boudent le domaine, ce serait à cause de «l’image véhiculée par les médias, généralement plutôt négative», croit Jean-Luc Fauvel. Pour lui, les bulletins de nouvelles mettent trop l’accent sur la concurrence asiatique qui fait mal à certaines entreprises québécoises. «Pourtant, beaucoup d’entreprises vont bien et embauchent des techniciens en ébénisterie», soutient-il. La pénurie de diplômés a des effets négatifs, selon Jean-Luc Fauvel. Il précise que le DEC vise à apprendre le fonctionnement de machines modernes et les techniciens «sont essentiels pour accompagner les entreprises dans l’intégration et l’amélioration continue des équipements». Sans eux, l’industrie est moins compétitive, car elle peine à optimiser ses procédés de production, tant sérielle que sur mesure.
L’image de la foresterie souffre également, à cause de fermetures d’usines et de suppressions de postes. Pourtant, malgré la crise, il y a encore de la demande de main-d’œuvre, notamment pour les diplômés de technologie forestière. Les établissements qui offrent ce DEC croulent sous les offres d’emploi, mais manquent d’inscriptions. Seuls neuf élèves ont entrepris la technique à l’automne 2007 au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et six s’y sont inscrits pour l’automne 2008. Le Cégep de Baie-Comeau et le Cégep de Sainte-Foy ont même dû suspendre ce programme pour 2008-2009. «Quand la foresterie reprendra de la vigueur, les techniciens seront rares et on manquera de personnel spécialisé», s’inquiète la conseillère en emploi de l’établissement, Annie Marceau.
Son homologue du Cégep de l’Abitibi- Témiscamingue, Lyna Pine, voit aussi la situation d’un mauvais œil. «Il y a déjà manque de main-d’œuvre dans ce domaine, juge-t-elle. Le besoin est présent et il manque de jeunes intéressés.» L’établissement n’a diplômé que neuf techniciens en foresterie en mai 2008.