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Mot de la rédaction

Mot de la rédaction - numéro du 15 février au 15 mars 2005

Le minimum

On a beau dire, on a beau faire, dans la vie, l’argent compte. Et nous comptons tous sur l’argent pour nous assurer un minimum et nous garder loin de la misère.

Mais qu’est-ce que le minimum? Cela dépend des vues et des vies, des valeurs et des pays. L’essentiel, la pauvreté, le confort, l’abondance et la richesse sont en effet des concepts élastiques que chacun étire plus ou moins selon son vécu, sa culture, son environnement…

Une pièce de monnaie. Un jacuzzi. Une poche de riz. Des vitamines. Un vélo. De l’eau potable. Un appartement avec balcon. Une bagnole qui démarre. Des légumes verts. Des bottes d’hiver qui ne prennent pas l’eau. Des croissants au petit déjeuner. Un toit. Des draps propres. Un fruit juteux. Une machine à expressos. Un billet de métro. Un siège en première classe. Des calorifères qui chauffent. Du lait. Un timbre-poste. Une vue sur la mer. Alouette!

Le minimum a de multiples formes, et vouloir le mesurer, le comparer, le définir, c’est s’attaquer à un monstre de complexité. À la source du problème, le cash, le foin, le pognon. Sans lui, on ne peut se procurer ne serait-ce qu’un banal bout de pain. C’est peu dire. C’est tout dire.

La seule règle qui semble tenir avec l’argent, c’est qu’il ne reste jamais très longtemps dans la même main. Une force mystérieuse le pousse à circuler, à aller voir ailleurs. C’est un indomptable volage qui, au passage, nous envoûte tous, que nous soyons riches, pauvres ou quelque part entre les deux. Certains jours on l’adore, certains jours on le maudit, et trop souvent, on l’espère.

L’espérer, c’est le cas de milliers de travailleurs québécois qui bossent tous les jours pour 7,45 $ l’heure, soit le salaire minimum nécessaire pour vivre ici, selon les autorités. À temps plein, ils engrangent un peu moins de 14 000 $ de revenus bruts par année. Aussi bien dire qu’ils travaillent pour des miettes. Pour eux, difficile d’acheter du jus de fruits, une paire de lunettes ou d’aller au cinéma. Pourtant, ils travaillent fort, et avec enthousiasme par surcroît. Découvrez leur univers dans notre dossier portant sur les petits salaires.

Parce qu’à chaque cent suffit sa peine.

Annick Poitras

Rédactrice en chef



guide de survie





Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








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