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Mot de la rédaction

Mot de la rédaction - numéro du 15 janvier au 15 février 2007

Mon x et moi

Que ce soit à titre d’ami, d’amant, d’amour, ou de travailleur qui essaie de tirer le meilleur de la vie, on est tous un jour forcé de se poser une question :

Combien je vaux?

Ce jour-là, habituellement, on préférerait ne pas s’être levé. Parce que c’est une question difficile. Y répondre exige du gros travail, qui se termine généralement par un soupir suivi de trois points de suspension. Parce qu’au bout du compte, comme pour une sale épreuve d’algèbre, on n’est jamais tout à fait sûr de la réponse, soit de la véritable valeur du x.

Additionner, multiplier, soustraire, diviser. Surtout ne pas oublier de prioriser ce qui est entre parenthèses… Pour trouver sa valeur, aucune formule à apprendre par cœur et encore moins de formule magique. Même pas besoin de la bosse des maths; un peu d’humilité et de franchise suffira pour jauger ses bons coups, peser ses échecs, évaluer les dommages collatéraux et, le plus dur peut-être, se comparer.

Il faut ensuite inclure dans le calcul un tas de variables y – qui sait ce que les autres pensent réellement de nous et de ce que nous accomplissons? Et se méfier des données erronées – on a malheureusement tendance à se sous-estimer. C’est le syndrome du «au fond, je suis nul, mais heureusement, personne ne le sait encore». Il est tellement répandu que ceux qui n’en souffrent pas passent pour des prétentieux.

Mesurer notre mérite n’est donc pas une mince affaire; d’autant plus qu’il dépend bien souvent des autres, de la reconnaissance qu’ils nous donnent. Leur regard et leur jugement sont tout puissants. Une tape dans le dos, on vaut de l’or; pas de tape du tout, on vaut nada. Une tape sur la gueule? Hum.

Les spécialistes en ressources humaines affirment que pour l’homo travaillus, la reconnaissance a plus de poids que le salaire dans la valeur accordée à son travail. C’est une question d’estime. C’est pourquoi des travailleurs acceptent d’être moins rémunérés pour tirer de leur emploi quelque chose de plus précieux encore : le sentiment d’être important.

Cette valorisation est peut-être ce qui demeure le plus payant, après tout. Doublée d’une bonne paye, c’est encore mieux!

Alors, entre votre x et vous, combien valez-vous?

Annick Poitras

Rédactrice en chef



guide de survie





Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








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