Trouvez un article

Rechercher


Mot de la rédaction

Numéro du 15 mars au 15 avril 2007

Rien à perdre?

Ça n’a pas été une mince affaire. D’ailleurs, plusieurs l’ont encore sur le cœur. Dans le coin de la foi en l’avenir, ça ne passe pas.

Les 1 100 employés de l’abattoir Olymel de Vallée-Jonction ont gardé leur job par la peau des dents. À quatre pattes, allez les gars, il faut ce qu’il faut : le bouche-à-bouche de la dernière chance. Leur vie professionnelle, telle qu’ils la connaissaient, ne tenait plus qu’à un fil. Sans parler de leur budget, de leurs projets. Après avoir dit non quatre fois, ils ont plié sous la pression, sous le poids de la peur. lls ont dit oui à une réduction de 30 % de leur salaire et de leurs avantages sociaux.

Je vous entends dire «OK, assez entendu parler!» Et vous n’avez pas tort. Le Jobboomblog, où mon collègue Éric Grenier a commenté cette saga, a emmagasiné plus de 300 commentaires à ce sujet. Mais encore, c’est une goutte dans la flotte. Téléjournaux, éditos, lettres ouvertes, tribunes téléphoniques…

Pourquoi cette histoire a-t-elle brassé autant le Québec? D’abord, parce que même si ces emplois ont été sauvés, ce qui est en somme une bonne chose, cette histoire a une fin tordue. Car une certaine logique dit que plus on travaille dans la vie, plus notre salaire augmente, pas le contraire. Sinon, à quoi bon acquérir de l’expérience, de l’expertise?

Plus inquiétant encore, cette histoire n’est pas un cas isolé. C’est dans l’air, c’est partout. Chinoiseries. Mondialisation. Culte de la (sur)productivité. Gestionnaires pas toujours compétents, mais grassement payés. Actionnaires voraces. Devant les menaces de fermetures et les ultimatums patronaux qui arrivent souvent sans avertissement, les travailleurs se retrouvent pris en otages. Comme ils doivent gagner leur croûte, ce sont eux qui finissent par éponger la note et qui, au bout du compte, s’appauvrissent. Est-ce le cas des gestionnaires, des actionnaires?

Fin février, les 1 700 employés d’Expertech, sous-traitant de Bell Canada, rejetaient à 65 % les dernières offres patronales, qui exigeaient des réductions de salaires allant jusqu’à 40 %. Rien de moins. Pourtant, BCE a encaissé des profits de deux milliards de dollars en 2006! En Allemagne, l’important fabricant d’ordinateurs Fujitsu Siemens a prolongé le temps de travail des employés pour éviter de les licencier. Mais pas un sou de plus pour eux. Ce sont pourtant les travailleurs qui, à la base, créent la richesse, dont d’autres, vraisemblablement, profitent.

L’histoire d’Olymel a secoué les Québécois parce que tous se demandent où ça va mener de plier. Personne n’est jamais allé très loin en ne se tenant pas debout.



guide de survie


Vous a-t-on déjà offert une promotion qui ne vous intéressait pas?








Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS