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Mot de la rédaction

Numéro du 15 juin au 15 août 2007

Le marché des faveurs

Depuis quelque temps, au bureau, beaucoup de monde s’intéresse à nos réunions de rédaction. C’est parce qu’entre autres choses, on y parle de cul. «Pipes; dildos; acteurs pornos; avec ou sans condom?; escortes à la Pretty Woman; danseuses défroquées; ah et euh… la branlette est-elle incluse dans le massage?»

Ces sujets de discussion, aussi débridés soient-ils, furent sensiblement notre pain quotidien le temps de découvrir qui gagne sa vie avec le sexe au Québec. De quelles façons. Et surtout, pourquoi.

On s’est donc doucement habitués à discuter baise comme on jase de travail et d’économie. Parce que le sexe, c’est une industrie comme une autre au Québec : il y a de l’offre et de la demande, du fric en jeu et bien des travailleurs qui en dépendent pour manger et payer le loyer. Combien? Difficile à dire, même les pros de la statistique sont déculottés. Mais il y en a certainement beaucoup. Peut-être bien votre voisin. Votre cousine. La jeune caissière du supermarché.

Chose certaine, en jarretelles ou en cravate, les affaires sont les affaires. Et ça joue dur. Pour fleurir, entreprises et travailleuses du sexe doivent innover, damer le pion à la forte compétition. Dans la métropole seulement, plus de 150 agences d’escortes se disputent le marché des faveurs, sans compter tous ces sexshops, bars de danseuses, salons de massages et sites cochons qui titillent le Québec sur tous les fronts. De nouveaux services se développent constamment pour satisfaire une clientèle gavée de contenus pornos de plus en plus accessibles, notamment sur le Net.

À qui veut travailler, l’industrie du sexe offre toutes sortes de jobs, chacun avec ses horaires, ses exigences, ses avantages et ses inconvénients. L’industrie a aussi ses gros noms, ses fleurons, ses boss, ses employés, ses travailleurs indépendants, ses associations et même ses pénuries de main-d’œuvre!

Elle a aussi ses gagnants, ses perdants, ses perdus. Certaines personnes sont malheureusement manipulées, utilisées, tout comme ailleurs sur le marché du travail. Car l’abus s’infiltre partout. Dans un sweatshop qui exploite le labeur d’immigrants sans le sou. Dans une grande entreprise qui mène ses cadres à la dépression. Dans un salon de massages dirigé par un patron sans scrupule, qui pousse les travailleuses du sexe à faire toujours plus pour toucher leur paye, au péril de leur sécurité, de leur santé.

Et de leur dignité? Ça, c’est un autre débat. Un débat aussi vieux que le monde. Plus que jamais, la réponse à cette question est à choix multiples.

Tout dépend de qui la pose et de qui y répond.



guide de survie


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Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

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