


Numéro du 15 août au 15 septembre 2007
Je reviens rarement sur mes pas et je ne m’attarde jamais longtemps sur le rétroviseur. Mais parfois, il s’impose de regarder d’où l’on vient pour comprendre où l’on va.
Ainsi, je dois revenir sur notre dernier numéro.
Nous savions que notre enquête Sexe inc. ferait jaser. Le sexe fait toujours jaser. Nous savions que certains lecteurs pourraient être mal à l’aise avec ce sujet, car cette industrie choque, étonne, détonne. Nous avons d’ailleurs écrit et documenté cet état de fait. Nous l’avons aussi illustré sans détour, au moyen d’une couverture et d’un graphisme percutants. Faire autrement n’aurait pas été notre genre : le Magazine Jobboom ne fait pas dans la dentelle. Il appelle un chat, un chat. Il a donc été conséquent avec lui-même et, plus important encore, il a fait son devoir.
Car, faut-il le clarifier, le rôle du Magazine Jobboom n’est pas de promouvoir des métiers, professions, entreprises ou secteurs économiques. Il jette un regard sur eux et les analyse, sans plus. Il n’est pas non plus un magazine de recherche d’emploi : la majorité de ses 500 000 lecteurs en ont déjà un.
Le rôle de cette publication gratuite, c’est plutôt d’informer le grand public sur la société, et ce, à travers le prisme du travail sous toutes ses formes. Au fil de ses sept ans d’existence, cette publication s’est forgé une identité. Elle s’est aussi trouvé une mission louable : fouiller les réalités du marché du travail, de la carrière et des modes de vie. Interpeller les travailleurs de tous les horizons qui réfléchissent librement sur les répercussions du travail dans leur vie et dans la société. S’intéresser au quotidien des travailleurs, leur donner la parole, leur fournir des outils pour s’épanouir et les informer avec rigueur et audace.
Cette mission transpire dans tous nos contenus. Elle nourrit notre ligne éditoriale d’aujourd’hui et inspire celle de demain. Voilà. C’est là où l’on va.
Dans cette voie, nous faisons ce mois-ci une incursion dans l’univers des exclus de l’emploi. Nous tentons d’expliquer pourquoi, au Québec, près de 150 000 adultes en bonne santé jugées aptes à travailler, vivent de l’aide sociale, souvent durant des années. Il semble que plus le temps passe, plus il soit difficile pour un prestataire de réintégrer le marché de l’emploi. Un peu comme si cette aide, appelée familièrement BS, pouvait se transformer en un piège insidieux qui se referme sur ceux qui, en raison de mille et une malchances, sont venus un jour à en dépendre.
Voilà une autre réalité surprenante du travail : le non-travail.