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Mot de la rédaction

Numéro du 15 septembre au 15 octobre 2007

Trous de mémoire

C’était une autre époque, c’était il y a 10 ans : le courriel, le clavardage et les réseaux sociaux en étaient à leurs balbutiements. Une émission comme Drôles de vidéos connaissait son heure de gloire. On éjectait des disquettes. On se faxait puis on déjeunait.

S’en souvient-on? J’admets que c’est difficile. C’est comme tenter d’imaginer le quotidien sans les guichets automatiques : notre mémoire ne veut plus y croire.

Dans ce monde révolu, il y avait nous et les autres. Il y a désormais nous, les autres et Internet, le nouvel agent de liaison. Sans trop nous en rendre compte, nos vies personnelles et professionnelles basculent dans le virtuel. C’est une pente douce comme de la soie. Le mouvement est d’un naturel déconcertant, un jeu d’enfant.

Où allons-nous? On ne le sait pas. Mais nous ne retournerons pas en arrière. C’est dans la nature humaine d’aller de l’avant, parfois tête baissée, au-delà de l’horizon. C’est ce qui permet d’avancer et de donner éventuellement naissance à l’impensable, à l’extraordinaire.

Justement, Internet est extraordinaire. Ce grand réseau planétaire change profondément la vie, à petite et à grande échelle. Et ce n’est que le début d’un bouleversement sans précédent dans l’histoire de l’information. De sa diffusion, de son pouvoir. En sommes-nous pleinement conscients?

Pour l’instant, on poursuit l’étrange histoire d’amour que l’Homme a décidé d’entretenir avec les machines. Avec Internet, c’est la lune de miel. De plus en plus de gens en sont accros et en redemandent, quitte à en devenir dépendants pour fonctionner au quotidien. À défaut d’être branché, le cœur des entreprises risque de s’arrêter. Ainsi, volontairement ou non, on nourrit tous la Toile et celle-ci se développe, grandit. C’est dans l’ordre des choses.

Mais des imperfections trouvent leur chemin jusqu’à la surface et commencent à troubler l’idylle : actuellement, n’importe qui peut mettre n’importe quoi dans Internet, y compris ce qu’on ne désire pas nécessairement afficher. Nos réputations personnelle et professionnelle y sont à risque; notre vie privée y est menacée. Le Net devient peu à peu le grand média citoyen, mais personne ne contrôle son contenu, sa rigueur ou même ses intentions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Qui le fera, et surtout de quelle façon? Cela reste une énigme.

La Toile fait partie de nos vies. Il faudrait se rappeler qu’on fait aussi partie de la sienne.

Car Google, lui, n’oublie pas.



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Défavorable

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