Trouvez un article

Rechercher


Mot de la rédaction

Numéro du 15 novembre au 15 décembre 2007

Les grandes marées

Ils sont arrivés comme une grande marée qui transforme à jamais un paysage : près de 2,5 millions d’enfants ont envahi le Québec en près de 20 ans. Dès 1946, on assiste à l’un des plus importants baby-booms de l’après-guerre sur la planète. Concentré et singulier.

Fabuleuse, cette époque de fertilité a donné naissance à une société revitalisée, échafaudée autour de cette nouvelle masse de marmots qui sautillaient partout. Il a fallu s’organiser, et vite! Hôpitaux, écoles, fonction publique, routes, culture, emplois, entreprises… Beaucoup de nos systèmes et infrastructures actuels ont été conçus pour répondre aux besoins des baby-boomers. Leur nombre exigeait une révolution tranquille.

Nous voilà à l’heure du ressac. Les boomers les plus âgés, aujourd’hui dans la soixantaine, commencent dans certains cas une retraite méritée. À partir de 2012, le flot sera continu. Des milliers prendront leur retraite chaque année.

Les plus jeunes boomers pataugent pour leur part dans la belle quarantaine. Mais ils côtoient de près le désenchantement, voire le cynisme de la génération X, qui évolue depuis toujours dans l’ombre écrasante de ses frères aînés.

Dans la grande famille québécoise suit la génération Y. Clairsemée, pleine de trous. Car pour mille et une raisons, les baby-boomers ont fait peu d’enfants. Pas assez pour assurer leur remplacement, reprochent les démographes. Ainsi, dans une vingtaine d’années, quand la grande marée se sera retirée, nous serons plongés dans l’ère 2 pour 1 : il y aura seulement deux travailleurs pour soutenir financièrement un retraité. Aujourd’hui, le ratio est de 5 pour 1 et la note d’impôt est déjà salée. Imaginez…

C’est sans compter le vertige de la dette accumulée depuis le début du règne des boomers : chaque Québécois naît aujourd’hui avec une facture de 30 000 $. C’est un étrange héritage de la part d’une génération prospère qui a tout eu.

Sur le plan économique, il est donc clair que nous voguerons de plus en plus à marée basse, au risque de faire naufrage. Qui est responsable de cette dérive?

À tort ou à raison, les baby-boomers sont souvent montrés du doigt et déclarés coupables sans avoir subi un procès juste et équitable.

Nous en avons donc tenu un.

À vous maintenant de rendre votre verdict.



guide de survie





Si vous gaffiez devant vos collègues et patrons, comment réagiriez-vous?








Résultats