Mot de la rédaction

Numéro du 15 septembre au 15 octobre 2008

Les jeux sont faits

Les jeux de Beijing viennent tout juste de finir et déjà, on sent les retombées de la ferveur olympique qui donnera naissance à une nouvelle génération d’athlètes. Saoulés de ces images qui ont mis en scène des champions au sommet de leur art, des millions de tout-petits de partout sur la planète tenteront de les imiter.

Peut-être un peu moins du côté de l’Irak ou de l’Afghanistan, où ils sont plus occupés à éviter les balles perdues et les voitures piégées, mais là où ça ne va pas trop mal, les jeunes vont carburer à l’adrénaline olympique pendant quelque temps. Voudront devenir des champions d’escrime, de water-polo, de poker, tiens (ça doit être un sport puisque ça joue à RDS – conseillé à ceux qui ne veulent pas finir trop musclés).

Le sport fait rêver. Les sportifs aussi. Ils sont adulés, admirés, chouchoutés. En plus, ils ont des corps d’athlète. Forcément, ils en sont. Et ils font tout plein d’argent. Des salaires avec tellement de chiffres que vous et moi, on n’arriverait même pas à dépenser assez vite pour en venir à bout. Et il n’y a pas que les joueurs qui baignent dans les millions. En fait, toute l’industrie du sport est une formidable machine à fric. Selon Statistique Canada, on parle d’un marché d’environ 8 milliards de dollars par année. Ça fait aussi beaucoup de monde qui vit du sport.

Mais le sport, comme on aime à le dire, est un peu à l’image de la vie. Et la répartition des revenus est tout sauf égalitaire. Ils sont très peu, au sommet de la pyramide, à empocher le pactole. En bas, ils sont des masses à se partager des miettes. Pour chaque Kovalev ou Wozniak, combien d’entraîneurs, de réparateurs de vélo ou de préposés au mini-putt?

Ils ne crèvent pas tous de faim, bien sûr. Mais à travail égal, ils feraient probablement plus d’argent dans un autre domaine. Ils doivent bien souvent se trouver un deuxième boulot pour arrondir les fins de mois. Alors ils carburent à la passion. C’est quand même mieux que l’EPO.

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Ce n’est pas tout le monde qui se contente de la passion. C’est pour ça qu’une terrible menace nous guetterait constamment : l’exode des cerveaux. Attirés par le gazon plus vert des contrées éloignées, nos grands esprits seraient prêts à s’exiler massivement. Et tant pis pour nous, qui ne savons pas les reconnaître — et les rémunérer — à leur juste valeur : il ne nous restera que les cancres. Aux dernières nouvelles, ils n’ont pas encore fait leurs valises.

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Comme je le disais à ma patronne au moment de lui annoncer la nouvelle, j’ai lu dans un très bon magazine sur le monde du travail que le meilleur moment pour quitter un boulot, c’est quand ça va bien. C’est donc ce que je fais, après deux magnifiques années avec l’équipe de Jobboom.

Je n’aime pas vraiment les adieux qui s’éternisent, alors je vous remercie tous ensemble, lecteurs et collègues de travail, de m’avoir permis de vivre cette très belle expérience. Cela dit, je ne vous abandonne pas complètement : je continuerai à vous parler de mes lectures dans la section Mots clés. À bientôt!

Pierre Frisko
Rédacteur en chef adjoint



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