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Mot de la rédaction

Numéro de juin-juillet 2009

Dis-moi ce que tu bois…

«Il n’y a rien de plus laid qu’un bar vide le jour. Mais la nuit, avec ces lumières et tout ce monde, ça a quelque chose d’exotique et de magique», confiait Vic Vogel à un des journalistes qui signent «Bars ouverts», le grand dossier en couverture de la présente livraison du Magazine Jobboom.

Je n’ai jamais travaillé dans un bar. J’ai donc rarement eu l’occasion de constater l’allure des lieux hors des heures d’ouverture. Mais pour ce qui est de leur magie tard dans la nuit, je partage entièrement l’avis du vénérable jazzman montréalais.

Je suis une fille de bar. Je les fréquente assidûment depuis ma majorité (et même un peu avant). Plusieurs fois par semaine, je plonge dans leur énergie vivifiante, leur bruit grisant, leur faune enivrante.

Mon affection s’étend à toutes sortes d’établissements : les pubs grouillants, les clubs dansants, les salles de spectacles animées, les lounges feutrés, les bistros de quartier. Mais par-dessus tout, j’aime ce que les anglophones appellent familièrement des dives. Les vieilles tavernes, les bars pas trop chromés, les repaires d’habitués. Les lieux qui ont du vécu. Une histoire à raconter.

Parce qu’en étant au cœur de nos communautés, les bars sont d’excellents reflets de nos sociétés. En relevant l’évolution des habitudes et des comportements de leur clientèle, c’est toute la population qu’on observe se transformer. On n’a qu’à penser aux lois sur la santé publique (alcool au volant, tabagisme dans les lieux publics) ou à l’arrivée des femmes dans les tavernes pour s’en convaincre.

Aux premières loges de cette marche en avant : le personnel de l’industrie. Les barmans, serveuses, DJ, portiers et propriétaires, dont les activités fluctuent au rythme des mouvements de la société.

Au cours des dernières semaines, le Magazine Jobboom a envoyé trois journalistes faire une grande tournée des bars d’hier et d’aujourd’hui. Ils en sont revenus avec une collection d’anecdotes juteuses et de souvenirs colorés, et une poignée de réflexions sur l’avenir de nos débits de boissons.

C’est donc un verre à la main que je vous invite à déguster Bars ouvert, Inquiétude chez les tenanciers et Le dernier des taverniers pour un portrait agréablement alcoolisé de ce que le Québec est devenu au fil de ses nuits endiablées.

À votre santé!

Corinne Fréchette-Lessard
Chef de sections



guide de survie


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