

Il n’y a pas une journée de répit pour le matraquage médiatique autour de la crise du système de santé canadien. Et l’une des raisons les plus fréquemment citées pour cet état de crise, c’est la pénurie de personnel, notamment de médecins et d’infirmières. Au Québec, selon les dernières données obtenues auprès des ordres professionnels, il manquerait en ce moment environ 1 000 médecins et plus de 5 000 infirmières.
Est-ce mieux chez nos voisins américains, avec leur système privé, qui rémunèrent nettement mieux leurs professionnels de la santé qu’au Canada? Selon l’American Medical News, deux études différentes indiquent qu’il manquera de 85 000 à 200 000 médecins aux États-Unis d’ici à 2020! Et selon le Bureau international du travail, on prévoit une pénurie de un million d’infirmières en 2010 dans ce pays. L’infirmière, une espèce en voie de disparition?
Depuis les années 1990, l’emploi temporaire est presque devenu la norme chez les jeunes Québécois. Mais de 1997 à 2006, c’est dans la catégorie des 55 ans et plus que l’emploi temporaire a connu la plus forte croissance. C’est ce qu’a révélé une étude rendue publique par l’Institut de la statistique du Québec en juin dernier. Il semble que nombre de retraités et de travailleurs âgés peu spécialisés soient contraints de retourner sur le marché du travail pour des raisons financières… ou par désœuvrement! «De nombreuses personnes réintègrent la main-d’œuvre ou ne la quittent pas, même après leur retraite d’un emploi occupé durant une longue période. De plus, les personnes qui retournent sur le marché du travail occupent plus souvent qu’autrement des emplois peu spécialisés avec une rémunération plus faible. Ces emplois servent dans plusieurs cas à compléter une rente de retraite et à occuper des heures de loisirs», écrit l’économiste Marie-France Martin, auteure de l’étude L’emploi temporaire au Québec : portrait et évolution de 1997 à 2006.
Ainsi, chez les 55 ans et plus, la croissance de l’emploi temporaire a été de 166,7 % durant cette période, comparativement à 53,5 % chez les 45-54 ans.
Les 20 et 21 juin derniers, six grandes entreprises françaises, telles L’Oréal et Alstom, ont vécu une expérience de recrutement éclair (speedjobbing) dans Second Life, le populaire site du jeu de rôle virtuel. Un mois auparavant, les américaines eBay/Paypal, Hewlett-Packard, Microsoft et Verizon avaient participé au même exercice. Les entreprises participantes espèrent toucher un nouveau bassin de candidats, plus jeunes et plus à l’aise avec les nouvelles technologies. Second Life compte sept millions d’utilisateurs – ou habitants, puisqu’il reproduit la vie dans une «vraie» ville. Sur 1 500 intéressés, les employeurs français ont convié 675 candidats à des entrevues de 15 minutes, personne à personne, dans le monde virtuel de Second Life. Les candidats n’avaient qu’à se créer un avatar (un personnage virtuel qui représente la personne réelle dans le site) et à visiter le pavillon virtuel créé par les employeurs. Lors de leur séance de recrutement, le 15 mai dernier, les Américains ont connu moins de succès que les compatriotes de Sarko, avec seulement 150 participants.
Les recruteurs ont noté, au cours de ces deux événements, qu’un des avantages du speedjobbing dans Second Life est la capacité de mieux évaluer la maîtrise de la langue écrite des candidats, surtout l’anglais dans le cas de la France, où le bilinguisme est de plus en plus considéré comme un critère déterminant au moment de l’embauche.
Source : Les Échos, 19 juin 2007.
Les employeurs canadiens ont-ils péché par excès de confiance en insistant auprès de leurs employés pour que ces derniers n’inscrivent pas sur leur feuille de temps les heures supplémentaires qu’ils effectuent?
Une demande de recours collectif a été déposée en juin dernier, à Toronto, contre la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC). La demanderesse, Dara Fresco, réclame, au nom de tous les employés actuels et anciens de l’institution financière, des dizaines de millions de dollars pour des heures supplémentaires impayées. D’après cette caissière de la CIBC qui y a travaillé pendant près de 10 ans, les heures supplémentaires du personnel d'exécution y sont rarement rémunérées. La banque exigerait de ces employés de deux à cinq heures supplémentaires de travail par semaine et les découragerait fortement de les inscrire sur leur feuille de temps.
L'avocat de Dara Fresco, Douglas Elliott, croit qu’il s’agit d’une pratique courante dans les entreprises régies par le Code canadien du travail (institutions financières, transports, télécommunications, etc). D’autres causes identiques pourraient donc atterrir sur les tables des juristes au cours des prochaines années.
Un mystérieux diplômé de l’Université de Chicago a offert à son alma mater l’un des dons personnels les plus importants jamais octroyés à une université aux États-Unis, soit 100 millions de dollars US. Le donateur anonyme – tout ce qu’on sait de lui, c’est qu’il a obtenu son diplôme dans cette université au début des années 1980 – souhaite ainsi payer chaque année les droits de scolarité de quelque 800 étudiants dont les familles respectives ont un revenu ne dépassant pas 60 000 $ et qui doivent avoir recours aux prêts étudiants. Plus de 4 400 autres étudiants verraient aussi leurs droits de scolarité réduits de moitié. Une année d’études à l’Université de Chicago coûte en moyenne 47 000 $, logement inclus.
Cet acte de philanthropie paraît toutefois modeste en comparaison de celui qu’a fait en 2006 Boone Pickens, le président de BP Capital Management, un important gestionnaire de fonds américain : 165 millions de dollars. Mais la suite s’avère moins glorieuse : le don était destiné au programme de… golf de l’Université d’Oklahoma State! Mieux : les 165 millions, 100 % déductibles pour Pickens, ont été investis par l’université dans un fonds à haut risque détenu par Pickens lui-même! La charité bien ordonnée… ça donne du rendement!
Source : Chicago Tribune, 31 mai 2007, MotherJones.com, juin 2007.
CHIC : La lutte contre les changements climatiques se joue aussi dans les entreprises. Le gouvernement de l’Ontario a récemment lancé une campagne pour inciter ses employés à délaisser vestons et cravates pendant l’été. Vêtus plus légèrement, les travailleurs seront moins tentés de climatiser les bureaux, ce qui se traduira par une économie d’énergie et une réduction des émissions de dioxyde de carbone de la province. Rien n’indiquait cependant si on encourageait les employées à porter la petite robe soleil…
CHOC : Tomoyuki Mukaide, un policier japonais responsable de la gestion des secours après le tremblement de terre qui a détruit 14 800 maisons dans le nord-ouest du Japon le printemps dernier, ne supportait plus son écrasante charge de travail. Pour bénéficier de quelques jours de congé, il s’est infligé des blessures à l’abdomen avec une arme blanche, et a soutenu avoir été attaqué. Sceptiques, les collègues chargés de l’enquête ont interrogé l’homme à sa sortie de l’hôpital, le 31 mai dernier. Mukaide a craqué, et avoué s’être lui-même blessé. Cette fois, c’est son ego qui en a pris un coup.
par Éric Grenier
Devrait-on reporter la retraite légale de 65 à 67 ans au Québec? Cette question est de nouveau l’objet de débats, notamment avec la publication d’un avis sur le sujet de l’Institut économique de Montréal, le think tank néolibéral québécois, en juin dernier. Le questionnement a généré plus de 130 réactions sur le Jobboomblog. Résultat : No way José! Pas de retraite à 67 ans, à quatre contre un. Voici quelques arguments de nos lecteurs :
Michel Vincent
Je travaille depuis plus de 30 ans et quand j’en aurai 55, je sacre le camp de ma job! Jamais pu profiter du «BS», ni du chômage... alors là, ça va être mon tour. Je comprends aussi les plus jeunes qui veulent un emploi. Je vais leur laisser le mien!
Charles Magne
Un autre beau concept de société! On n’aura plus à attendre la retraite, on va plutôt nous faire mourir sur la job! Ainsi, plus besoin de retraite... Bravo!
Mad Garnad
L’Institut économique de Montréal va devoir réajuster son tir; porter attention aux besoins de la population active et non se concentrer seulement sur les demandes du Conseil du patronat. On ne peut pas forcer les gens à travailler contre leur gré alors que leurs besoins financiers ont diminué. Qu’ils veuillent avoir enfin un peu plus de liberté avant de commencer à être malades est légitime. Il ne faut pas oublier que plusieurs de ceux qui n’ont qu’un secondaire V ont commencé à travailler dès 17 ans. Cela fait une vie active assez longue.