

N’en déplaise aux lucides de ce monde, rien ne semble empêcher les travailleurs du pays de se rendre au boulot. Pas même l’épuisement ou la maladie. Selon un sondage réalisé l’hiver dernier pour le compte de Desjardins Sécurité Financière, 42 % des travailleurs canadiens se sont présentés au travail épuisés ou malades au moins une fois en 2007 (12 % d’entre eux l’ont fait à plus de 10 reprises). Parmi les raisons citées pour expliquer cet excès de zèle : respecter les échéances imminentes, empêcher l’accumulation de travail, éviter une surcharge aux collègues, esquiver les jugements négatifs et prévenir la perte d’une partie du revenu. À ce compte-là, pas étonnant que 61 % des travailleurs sondés estiment en faire trop pour leur employeur!
Avec la mondialisation, les délocalisations sont devenues courantes. Jusqu’à maintenant, c’était surtout pour profiter des bas salaires de pays moins développés que les entreprises déménageaient leurs pénates. Les syndicats européens ont cependant une autre source d’inquiétude : ils craignent les délocalisations liées aux nouvelles normes antipollution. Lubie de syndicats? La chancelière allemande Angela Merkel a elle-même exprimé ses craintes de voir les compagnies aller polluer ailleurs pour économiser. Pour l’instant, la Commission européenne a fait savoir qu’elle allait adopter des mesures contre le dumping environnemental, sans fixer de date précise. Mais d’ici à ce que les règles soient adoptées, les plus rapides auront amplement le temps d’aller souiller les pays les moins exigeants.
Terra economica
En ces temps de récession et de ralentissement économique, une catégorie de professionnels londoniens peut s’attendre à voir ses activités s’emballer : les avocats spécialisés en divorce. C’est que dans les cercles de la haute finance de la City (le quartier des affaires), où les rumeurs de mises à pied se font de plus en plus pressantes, les couples se défont aussi vite que les Bourses «krachent».
Ainsi, des cabinets d’avocats rapportent que la perspective d’une diminution du train de vie pousse les courtiers, analystes et autres bonzes de la finance (encore majoritairement des hommes) et leurs tendres moitiés au divorce. D’un côté, les femmes (qui ont souvent mis leur carrière en veilleuse pour régner sur le foyer) calculent qu’il vaut mieux divorcer – et mettre la main sur une partie des biens familiaux – avant que leur mari pourvoyeur ne dilapide son indemnité de départ et ses économies.
Tandis que de l’autre côté, les hommes estiment qu’un divorce pendant qu’ils sont (temporairement) chômeurs fixera à la baisse la pension alimentaire qu’ils devront inévitablement verser. Dans les deux cas, pour le romantisme, faudra repasser.
The Guardian
On savait déjà que la chirurgie esthétique était souvent utilisée par des célibataires en mal de séduction. Ce dont on se doutait moins, c’est que les travailleurs sont de plus en plus nombreux à passer sous le bistouri pour donner un coup de pouce à leur carrière. C’est pourtant le cas chez nos voisins du sud, où l’American Academy of Facial Plastic and Reconstructive Surgery rapporte que, l’année dernière, les deux tiers de ses membres ont opéré des clients qui cherchaient à rester compétitifs sur le marché du travail.
Une tendance qui s’explique en partie par des recherches qui démontrent que les gens beaux gagnent plus d’argent et ont
de meilleures possibilités d’avancement. Les femmes ne sont pas les seules à succomber à l’appel du bistouri. Les professionnels de la gente masculine se soumettent notamment à des greffes de cheveux et des chirurgies des paupières pour avoir un air plus jeune.
Courrier international
Quiconque a déjà cherché un numéro de téléphone dans le site d’une boutique en ligne (caché à des dizaines de clics de la page d’accueil) sait que le service à la clientèle est souvent le talon d’Achille du commerce électronique. Pas chez Zappo. Les dirigeants du magasin virtuel américain spécialisé dans la chaussure (dont le chiffre d’affaires devrait atteindre le milliard de dollars cette année) sont carrément obsédés par la qualité de leurs rapports avec les clients. À un point tel qu’ils ont inséré dans le processus de recrutement un élément surprenant, mais ingénieux : une indemnité de départ.
Au terme de la première semaine de formation (d’une durée de quatre semaines et rémunérée à plein salaire), chaque nouvelle recrue se voit offrir 1 000 $ si elle démissionne sur-le-champ. Le raisonnement de Zappo : ceux qui acceptent de partir ne sont pas assez intéressés à travailler pour la compagnie pour avoir à cœur ses normes de qualité. Le plus surprenant? Seulement 10 % des recrues acceptent l’offre!
Freakonomics.com
Répondez à nos sondages hebdomadaires à :
carriere.jobboom.com/magazine
Croyez-vous que le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour intégrer au système de santé les médecins étrangers qui immigrent au Québec?
Oui 10 %
Non 90 %
À quelle fréquence nettoyez-vous votre clavier et votre souris d’ordinateur, au bureau?
Toutes les semaines 14 %
Tous les mois 19 %
Une fois l’an 25 %
Jamais 41 %
CHIC : Il aura fallu près de cinq ans, mais le restaurateur Jacques Vaillancourt, anciennement propriétaire du restaurant Chez Virginie, au Lac-des-Écorces dans les Laurentides, paiera pour sa bêtise. L’histoire s’est déroulée à l’été 2003, et mettait en scène une serveuse de 51 ans. Peu de temps après l’avoir embauchée, Jacques Vaillancourt a commencé à traiter la serveuse de vieille. D’une grande délicatesse, il lui a de plus suggéré de changer de coiffure et, tant qu’à y être, lui a aussi demandé d’emprunter les vêtements sexy de sa fille, question d’attirer la clientèle. Au bout d’un long calvaire fait d’humiliations quotidiennes, elle a été congédiée. Le juge a condamné le restaurateur à verser 4 000 $ de dommages à son ex-employée.
Journal de Montréal
CHOC : Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement Charest a beurré un peu épais. Il s’est même offert une pleine page de publicité pour se féliciter de contribuer à l’arrivée à Montréal du géant de la finance Morgan Stanley et de créer jusqu’à 500 emplois au cours des cinq prochaines années. Il aura suffi de gratter un peu pour se rendre compte que 200 de ces emplois existaient déjà et que, selon le scénario le moins optimiste, seulement une centaine de postes seraient créés. Dans la version optimiste, on parlerait plutôt de 300 emplois. Au moins, le gouvernement semble avoir retenu la leçon. Quand il a annoncé sa contribution à Rolls-Royce Canada, à Lachine, le 26 mai dernier, il a seulement parlé de créer ou consolider quelque 125 emplois.
Avec le prix de l’essence qui frôle 1,50 $ le litre, de plus en plus de travailleurs s’inquiètent. Pas juste ceux qui travaillent sur la route, mais tous ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser la voiture quotidiennement pour se rendre au boulot.
Qu’en est-il des internautes du Jobboomblog? Eux aussi, ça leur coûte cher!
Kasey Kahne : 100 $ par semaine pour aller travailler, et encore 100 $ le week-end pour aller camper. Donc, 800 $ par mois... Pas grave! On s’en va en Floride cet été pour nos vacances en camping… Sancho, va chercher le fusil!
Martin Labrecque : 80 $ par mois pour le travail, les sorties et les week-ends. Vive le vélo! Bon, on s’en reparle après la prochaine tempête de neige...
Martin Gingras : Ces hausses rattrapent tout le monde et mettent l’économie en péril. J’en suis un bel exemple : je travaille avec mon auto, donc ces hausses seront refilées à mes clients. Je suis bien prêt à absorber la hausse pour mon usage personnel, mais le coût de l’essence pour l’auto que j’utilise pour mon travail est comptabilisé dans mes dépenses d’exploitation et inclus dans les honoraires que je facture.
Isabelle T. : J’ai toujours travaillé au salaire minimum. Depuis que j’ai eu ma fille il y a deux ans, je reste à la maison et je suis en plein dilemme : demeurer à la maison ou aller travailler? Si je vais travailler au salaire minimum, combien ça va me donner au bout de la semaine après avoir gazé, parce que je suis à la campagne (35 minutes de Mont-Tremblant) et après avoir payé la gardienne? Je crois qu’il serait plus économique de rester chez moi et de donner du temps de qualité à mes enfants.
par Éric Grenier