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Le glas sonne pour les geeks. Avec l’arrivée du Web 2.0, le petit bollé à lunettes qui s’exprime mieux dans la langue binaire qu’avec le langage des sens est peut-être condamné au chômage. À l’ère du Web 2.0, les entreprises des technologies de l’information (TI) leur préfèrent un designer ou un crack du marketing sachant se débrouiller en programmation. Le Web 2.0, c’est toujours le Web, mais agrémenté de nouvelles applications qui permettent l’interactivité entre les internautes. Des internautes qui génèrent maintenant du contenu sur la grande Toile. Vous ne comprenez toujours rien? Si je dis MySpace, YouTube, Wikipédia, les 10 milliards de blogues? Ah! ça s’éclaircit!
Au-delà de ses répercussions sur la Toile même, le Web 2.0 bouscule aussi l’emploi dans les TI. De nouveaux professionnels, qui rappellent vaguement des personnages de cartoons, sont désormais recherchés par les employeurs : programmeurs ninjas, pirates d’interfaces, stratèges de l’expérience de l’usager, demi-dieux de produits Web, etc.
Selon l’Information Technology Association of America, ceux-ci sont à la source d’un boum dans les TI aux États-Unis. Plus de 40 000 emplois ont été créés au cours des trois derniers mois dans ce secteur. Dans les offres d’emploi, les compétences techniques tiennent le second rôle derrière les aptitudes en communication et les compétences humaines, comme de savoir intéresser grand-maman à Second Life, le jeu en ligne massivement multijoueur le plus populaire présentement.
Un jeu qui se prend terriblement au sérieux, d’ailleurs. On peut y faire des vraies affaires et du vrai pognon, qu’on dépensera pour de la vraie bière qu’on boira en se prenant pour un gnome quand on se branchera de nouveau sur Second Life. L’affaire est simple : vous achetez un espace pour 90 $ sur Second Life. S’il devient populaire auprès des joueurs, il pourrait attiser la convoitise d’une entreprise qui vous l’achètera à prix fort afin d’y faire la promotion de ses produits.
Sinon, vous pouvez toujours devenir créateur d’avatars – les personnages virtuels incarnés par les internautes –, à l’aide des logiciels de création d’images 3D. Vous les vendez ensuite dans Internet, avec une annonce du genre : «À vendre, gnome mâle, 599 $», comme le rapportait une dépêche de l’Agence France-Presse, le 19 septembre dernier, traitant du commerce d’avatars. Toutefois, rien n’indiquait s’il était castré ou non…
Quant aux titres de poste plutôt inspirés, ils sont créés en fonction de l’auditoire. «Un ninja aurait pu s’appeler ergonome informatique, expliquait Jason Fried, un concepteur de logiciels de Chicago, dans le magazine Fast Company de septembre. Mais en lui donnant un nom plus drôle, ça permet d’attirer seulement les candidats qui vont en comprendre le sens, et ce sont seulement ceux-là que vous voulez.» Voici quelques exemples de ces postes créés par le Web 2.0, tels que recensés par Fast Company.
Pirate d’interface
À partir de logiciels existants dont les codes sources sont ouverts (c’est-à-dire libres de droits et que l’on peut modifier à souhait), il conçoit de nouvelles applications comme celles qui ont permis, entre autres, la création des communautés YouTube et Ourmedia.
Demi-dieu de produits Web
Il crée des fonctions simples d’usage qui évitent aux internautes d’avoir recours à plusieurs logiciels pour naviguer dans un site.
Développeur de blogiciels
Il conçoit des logiciels de création et de gestion de blogues faciles à utiliser pour monsieur et madame Tout-le-monde.
Stratège de l’expérience de l’usager
Il crée des interfaces conviviales qui visent à rendre la visite d’un site le plus agréable possible.
Créateur de trafic
Chaque fois que quelqu’un formule une requête avec un mot-clé X, vous voulez que votre site soit le premier à s’afficher? Faites appel à lui!
Ninja
Le plus simple d’entre tous : un programmeur ultra-rapide, capable d’éteindre les feux provoqués par des bogues.
Hiiii-yah !