Analyse

Magazine Jobboom
Vol. 9 no. 9
octobre 2008

C'est la crise

C’est la crise. Il n’y a plus de doute. Sauf que, ce n’est pas celle que vous croyez.

Entre 2 manchettes sur l’effondrement du système financier mondial, 3 commentaires sur la ressemblance entre la situation actuelle et celle qui prévalait en octobre 1929, 5 discours alarmistes de politiciens et 15 prédictions de grande dépression, il fallait frapper fort pour attirer l’attention du public. Un public qui, soudainement, craignait pour son emploi et sa sécurité économique devant cette avalanche de nouvelles cataclysmiques.

C’est pour cette raison que, quand une coalition d’entreprises, d’associations patronales et syndicales a hurlé son désespoir à la fin du mois dernier face à la pénurie aiguë de main-d’œuvre spécialisée qui frappe le Canada, seuls les criquets ont réagi. Pourtant, le pays était en élections… Cherchez l’erreur.

Sans minimiser le risque que comporte la déflagration sur Wall Street pour l’économie canadienne, ça ne reste que ça : un risque. Or, le cri d’alarme lancé par la Coalition Investissons dans les compétences évoquait bien plus qu’un péril, soit carrément une catastrophe réelle et quotidienne à l’échelle du pays. Pour la Coalition, il s’agit d’une situation de crise nationale. Ce sont ses mots.

On ne saurait qualifier la Coalition d’alarmiste. Son avertissement est plus que fondé. Plus de 40 % des entreprises sondées par la Banque du Canada plus tôt cette année indiquaient que le manque d’employés qualifiés limitait sérieusement leur capacité de croissance. Le tiers des 640 dirigeants d’entreprise interrogés par l’organisme Manufacturiers et exportateurs du Canada cette année font le même constat, de même que 38 % des membres de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, interrogés en 2006.

Le Conseil des ressources humaines de l’industrie minière prédit que l’industrie aura besoin de 10 000 personnes par année ou de 100 000 personnes au cours des 10 prochaines années. Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme prédit des pénuries de main-d’œuvre sans précédent pouvant atteindre 348 000 emplois à pourvoir dans son secteur d’ici à 2025.

Ce ne sont que quelques exemples tirés au hasard des défis d’embauche qu’éprouvent les employeurs canadiens. «La pénurie de main-d’œuvre spécia­lisée paralyse l’économie canadienne», affirme sans hésitation Paul Charette, le président de la Coalition.

Avec les effets de la crise financière mondiale qui pourraient frapper l’économie canadienne comme des déferlantes au cours des prochains mois, j’ai pour mon dire que ce n’est pas une bonne idée de laisser durer cette paralysie. En fait, l’appel de la Coalition comporte une solution : assurer, par un meilleur système de formation, la satisfaction des besoins de main-d’œuvre d’industries en croissance pour permettre au Canada de bien tirer son épingle du jeu dans pareil maelström.

«Alors que notre pays se prépare à une plus grande incertitude économique, nous pouvons choisir d’investir dans une main-d’œuvre spécialisée capable de concurrencer avec les meilleurs au monde», confirme Jayson Myers, le président de Manufacturiers et exportateurs du Canada. «Ou nous pouvons continuer d’ignorer le problème et obliger les employeurs à s’arracher entre eux une ressource de plus en plus rare.»

La crise mondiale détruira des emplois au Canada au cours des prochains mois et des prochaines années. Mais pour des milliers d’autres, les candidatures se font toujours attendre.

L’immigration ne peut être une solution à elle seule. Le Canada accepte déjà un nombre considérable d’immigrants. Plus de deux millions depuis le début du millénaire. Ce qui ne l’a pas empêché de se retrouver dans le bourbier actuel. Cette voie a aussi un coût : une recherche de l’Institut Fraser en 2005 démontrait que les immigrants arrivés entre 1990 et 2002 ont reçu 18 milliards de dollars en transferts gouvernementaux de plus qu’ils n’ont payé d’impôts.

L’éducation et la formation continue sont de meilleures pistes. La Coalition demande donc une hausse considérable des investissements en apprentissage et en enseignement postsecondaire à l’échelle nationale. Il faut espérer qu’elle a été entendue. Réponse dans le premier budget du nouveau gouvernement.

guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS