Les femmes redresseront l'économie

À défaut d’être l’avenir de l’Homme comme le prédisait Aragon, la femme pourrait bien être celui de son portefeuille.

Déjà, certains grands prédicateurs économiques, dont ceux qui nous avaient avisés avec justesse de la montée en puissance des Brésil, Chine et Inde de ce monde, voient dans cette moitié d’humanité une machine à imprimer de l’argent.

Alors, si jamais on se sort de ce marécage économique mondial, ce sera grâce à elles. Selon la banque d’affaires Goldman Sachs, auteure de ces deux prévisions, les femmes seront au cours des prochaines décennies ce que les pays émergents ont été dans les années 1990 et 2000, c’est-à-dire le moteur de la croissance économique.

Parce qu’elles sont plus dépensières que les hommes? Ah! esprits machos tordus, taisez-vous, malheureux! C’est plutôt le contraire, même si les blagues à propos des femmes et des cartes de crédit demeurent des succès assurés. Un grand nombre d’études démontrent plutôt l’inverse. Les hommes descendent de la cigale, les femmes, de la fourmi.

Ce qui nous annonce de meilleurs augures. La crise actuelle, doit-on le rappeler, tire sa raison d’être de notre propension à dépenser plus qu’on gagne. Alors, si les femmes peuvent déposer davantage leurs mains sur les cordons de la bourse (sans mauvais jeu de mots volontaire de l’auteur), il y a en effet une possibilité qu’on se construise un avenir plus solide et durable que celui qu’on a fantasmé depuis 20 ans, avec les résultats accablants que l’on connaît maintenant qu’on a les deux pieds dans cet avenir passé.

Il y a quelque temps déjà qu’en Occident on avait remarqué la nécessaire participation des femmes à la vie économique. Dans certains coins de la planète, par contre, disons que ça apparaissait moins clairement.

Mais cela change. De celui de simples poules couveuses, le rôle des femmes dans plusieurs pays émergents devient indispensable à tout progrès collectif. Même dans l’Iran atomique des mollahs, la présence des femmes à l’université est à peu près identique à celle du Québec, c’est-à-dire majoritaire! Alors, pendant que les gars s’amusent à se fabriquer des fusées ridicules, les femmes s’instruisent. Et c’est ainsi en Chine, en Inde, en Turquie, au Bangladesh et en Russie.

De sorte que d’ici cinq ans, les revenus d’emploi des femmes des pays émergents croîtront de 40 %, une affaire de 5 000 milliards de dollars. Cette seule croissance fait cinq fois la taille de l’économie canadienne. En 2014, toutes les femmes du monde auront la mainmise sur quelque 28 000 milliards de dollars de dépenses, une hausse de 8 000 milliards à partir d’aujourd’hui. C’est du bidou.

Aux États-Unis, où la crise a frappé durement les hommes, les mères au foyer sont appelées en renfort. Une enquête du New York Times de la fin de septembre débusquait ce phénomène, alors que le nombre de diplômées universitaires en emploi a crû de façon un peu inexpliquée en 2009 : c’est que, d’habitude, quand le chômage augmente, le pourcentage de personnes en emploi n’augmente pas, il diminue. C’est comme une loi du même acabit que celle de la gravité. Or, dans ce segment précis de la population, c’est tout le contraire qui se produit depuis la récession. Explication : monsieur a perdu son job, et madame reprend du service afin de pallier.

Mais cela a un prix. Pour chaque tranche de deux années d’absence du marché du travail, une femme perd 10 % de ses revenus, comme l’ont souligné un certain nombre d’études. Et ce retard salarial la suit pour le reste de ses jours.

Alors qu’au Québec on s’apprête à sabrer partout, et que les appels à sacrifier certains programmes sociaux aux allures de vaches sacrées sur l’autel des finances publiques se multiplieront, il faudrait éviter de trop simplifier. S’il est vrai que les congés de maternité d’un an et les CPE coûtent un bras et deux jambes au premier coup d’œil, il faudrait aussi regarder ce qu’ils rapportent. Ici comme ailleurs, les femmes sont plus scolarisées que les hommes, et la firme d’inves­tissements internationale BCG soutient dans une publication sortie cet automne qu’elles sont aussi partout plus ingénieuses et ambitieuses.

Ces milliards engloutis dans les services de garde et les congés qui permettent aux femmes de ne pas trop s’éloigner du marché du travail rapporteront gros aussi, tant en impôts qu’en productivité.
guide de survie

Quelle serait la pire gaffe lors d’un party de bureau?









Résultats



Québec

38,5 %


Situation de l'emploi :
Défavorable

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