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«J’ai toujours senti de l’ouverture de la part de mes employeurs et de mes collègues par rapport à ma religion», affirme Samir, un musulman très pratiquant qui gagne sa vie comme chauffeur d’autobus à la Société de transport de Montréal. «Dans tous mes emplois, j’ai pu obtenir congé le vendredi pour aller à la mosquée. Il faut dire que je n’impose pas mes demandes : je vois si c’est possible. Quand je travaillais chez Future Shop, je n’allais pas prier quand le magasin était plein à craquer! Et, quand je fais ma prière dans l’autobus pendant ma pause, je ne me prosterne pas dans l’allée : je la fais discrètement.»
Tahar, un Algérien musulman qui travaille dans un hôpital, pense aussi que la pratique religieuse ne doit pas nuire au bon déroulement des activités professionnelles et du climat de travail. «Je ne tiens pas à faire mes prières au boulot, par exemple. J’aurais peur de choquer mes collègues. L’islam est déjà tellement mal perçu!»
Thierry Pauchant, titulaire de la Chaire de management éthique à HEC Montréal, est convaincu que la clé pour amalgamer les pratiques religieuses de tous au travail réside dans le dialogue. «Quand on supprime la parole, les gens se radicalisent. L’intégrisme et la violence s’installent. C’est pourquoi au Québec, il est temps que nous fassions un débat public sur les pratiques religieuses en entreprise. Autrement, ça peut devenir dangereux.»