Retour sur la genèse et l'évolution du magazine Jobboom

Automne 2000. Les milieux de travail avaient des airs de chics cafés-terrasses à la mode de la Main, avec leurs machines à espresso et leurs tables de billard. De jeunes baveux tapochaient Alt+CTRL+F6 sur un clavier sans trop qu’on sache à quoi ça servait, à part leur bonne fortune virtuelle au NASDAQ. On achetait du Nortel à la tonne et on planifiait notre Liberté 35. Le libre-échange allait s’étendre à la galaxie, et pour faire face à la concurrence, il nous fallait, humbles prolétaires, apprendre à parler, écrire et mimer cinq langues secondes. Soutenue par une étonnante croissance économique, la création d’emplois explosait et le Québec bossait comme jamais en discutant productivité, rentabilité, technologies et mondialisation. Les Chinois et les Indiens semblaient encore bien loin et Ben Laden roupillait dans sa grotte. C’était le bon vieux temps, mais aussi le début d’une autre ère : celle de la nouvelle économie qui débarquait avec ses tambours, ses promesses et ses gros sabots.
D’accord, cinq ans, ça ne change pas le monde, mais ça change beaucoup de choses. D’abord, le travail, moteur de l’économie, moteur de nos vies. À vitesse grand V, les outils ont évolué et les exigences se sont multipliées. La stabilité s’est démodée et notre rythme de vie s’est accéléré. Certains y ont gagné, d’autres y ont perdu. Les répercussions de ces transformations sur notre quotidien ont suscité une nouvelle curiosité. C’est peut-être ce qui explique l’intérêt porté à ce magazine qui, il y a cinq ans, se jetait tête première dans un créneau plat et suicidaire : qui aurait pensé avoir un jour l’esprit émoustillé par la lecture d’articles sur le travail après les heures de boulot?
| Pub. |
Et pourtant. Depuis la naissance du Magazine Jobboom en octobre 2000, le travail, la carrière, la vie au bureau et l’après-carrière captent de plus en plus l’attention des Québécois. Quarante numéros. Des milliers de questionnements. Des sujets déterrés, retournés de tous les côtés, vulgarisés. Des unes baveuses et percutantes. Des dossiers dont l’écho a fait du chemin : la conciliation travail-famille, l’impact démographique sur l’emploi, le racisme à l’embauche, les travailleurs au citron pressé, le tabou du salaire, la dope au boulot, le gaspillage des diplômés surqualifiés, le travail au noir, pour ne nommer que ceux-là.
Nos sujets ont tranquillement pris leurs aises dans les conversations de salon, au même titre que la météo, la commission Gomery et la dernière excuse de Jacques Villeneuve. Il fallait voir les mines réjouies de l’équipe de rédaction du Magazine Jobboom quand, en 2004, le premier ministre Jean Charest lançait ses forums des générations plus de quatre ans après que notre publication eut sonné l’alarme du choc démographique. La conciliation travail-famille, objet soudain de grands débats lors de la campagne électorale de 2003, était déjà évoquée à gros traits dans nos pages trois ans plus tôt.
C’est pour ces raisons que le succès inusité d’un magazine sur le travail ne se dément pas. Parce que le travail, ce n’est plus simplement la job, mais une manière de vivre, une raison d’être. Le travail, c’est aussi la vie. (Et ça aussi, ça fait longtemps qu’on le dit.)
100 000 mercis
À nos nombreux annonceurs, que vous soyez un éclaireur qui a cru au Magazine dès ses débuts ou un petit nouveau qui l’adopte aujourd’hui. Sans vous, cette publication distribuée gratuitement à 100 000 exemplaires tous les mois ne pourrait tout simplement pas exister (et on serait tous au chômage).
À nos nombreux collaborateurs, que vous soyez recherchiste, journaliste, photographe ou illustrateur, vieux routier ou jeune mousse. Vos talents, vos idées et votre rigueur font de ce magazine un média crédible, original et utile. Sans vous, nos contenus seraient minces et plats (et personne ne nous lirait).
À vous, nos 100 000 lecteurs qui, chaque mois, ramassez le Magazine à la librairie, à l’épicerie, à la pharmacie… et qui l’intégrez à votre vie de travailleur curieux. Nous travaillons pour vous informer et vous distraire un peu. Vous êtes notre unique motivation. Sans vous, ce magazine n’aurait ni âme ni mission (et la boîte du courrier des lecteurs serait tristement vide).
Merci à Julie Tremblay, ex-rédactrice en chef, qui a dirigé le Magazine pendant ses quatre premières années et qui lui a donné une voix. Sans toi, le Magazine ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui (et on ne voudrait pas qu’il soit autrement).