L'intervention des entreprises privées dans les écoles ailleurs dans le monde

• L’Organisation mondiale du commerce veut déréglementer l’éducation et soumettre ce «service» à la concurrence internationale. En 1995, l’Union européenne et 10 pays d’Europe, la Turquie, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et 14 pays de l’hémisphère Sud s’engagent en ce sens – les négociations se poursuivent toujours.
• En Europe de l’Est et dans les pays du tiers-monde, la Banque mondiale impose aux États qui bénéficient de ses prêts la privatisation de l’enseignement supérieur et des réformes scolaires centrées sur l’«efficacité».
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• Commission européenne, 1995. Le Livre blanc sur l’éducation et la formation : Enseigner et apprendre, vers la société cognitive (!) prône le «rapprochement entre l’école et l’entreprise». Les États de l’Union européenne doivent s’ajuster en conséquence.
• Royaume-Uni, 1997. Le nouveau gouvernement de Tony Blair entreprend de privatiser les établissements publics qui ne respectent pas les standards fixés par l’organisme d’évaluation des écoles. Pour atteindre la rentabilité, les écoles privatisées délaissent une formation générale jugée sans valeur économique.
• États-Unis, 1998. L’Université de Californie (Berkeley) signe un accord avec la firme pharmaceutique suisse Novartis. Celle-ci accorde 25 millions de dollars au département de microbiologie. En contrepartie, l’Université lui concède plus du tiers des découvertes des chercheurs et le droit d’en négocier les brevets.
• Aux États-Unis, la firme privée Edison Schools, fondée en 1992 et inscrite à la Bourse Nasdaq jusqu’en 2003, gère 157 écoles publiques regroupant 250 000 élèves. La formation est «strictement pratique», se vante l’entreprise, et accorde beaucoup d’importance aux technologies de l’information.
• Italie, 2003. Le programme éducatif du président Silvio Berlusconi se résume à trois mots : «Inglese, Internet, Impresa» (anglais, Internet, entreprise).
• En Europe comme dans les Amériques, des instituts d’enseignement supérieur de petite taille se regroupent en «pôles» régionaux axés sur quelques disciplines, uniquement en fonction des besoins économiques des régions.
• À contre-courant, l’Allemagne maintient un système original de formation professionnelle. L’apprentissage des jeunes de moins de 18 ans ne peut s’effectuer que dans les quelque 350 métiers reconnus et réglementés. La formation, d’une durée de trois ans, se déroule dans les écoles et les entreprises, en alternance. L’État assume les coûts de la formation scolaire, les entreprises paient leur volet de la formation.
• Montréal, 5 août 2005 : le philosophe d’origine allemande Raymond Klibansky, longtemps professeur à l’Université McGill, meurt à l’âge de 99 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée britannique le recrute pour ses connaissances en philosophie, littérature, sociologie et autres disciplines. Klibansky décrypte les signes de fabrication des fusées allemandes V1, V2 et V3. Lorsque des militaires américains lui demandent des détails sur le temps des récoltes en Toscane, le colonel Klibansky déniche la réponse dans les œuvres du poète Virgile (70-19 av. J.-C.). Virgile... Quelle école le met au programme en 2005?