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Dossiers chauds

Les patrons toxiques (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 5 no. 1 janvier 2004

Le patron idéal est tout sauf parfait, souligne toutefois Rémi Tremblay. «Ça n’a pas de bon sens la pression que l’on met sur les leaders d’aujourd’hui. Je travaille avec des entreprises qui ont jusqu’à 22 critères de sélection pour recruter leurs leaders. Quand je regarde leur grille de sélection, ça m’amuse. Moi qui gère 11 000 employés, je ne satisfais qu’à trois de leurs critères. Pourquoi faudrait-il répondre à 22 critères pour gérer 15 employés?» ironise-t-il.

Son allergie à cette folie de la performance l’a poussé à reconnaître ses propres faiblesses devant ses employés. «Quand j’avoue publiquement une faiblesse, ça m’amène à faire l’éloge de quelqu’un qui a ce talent dans ma gang. Ça m’a pris 15 ans à me connaître et à réaliser que j’ai très peu de talents! Mais j’ai notamment cette capacité à aller chercher le meilleur de chacun. Ainsi, mes employés se sentent drôlement utiles.»

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Le psychiatre industriel Jean-Jacques Bourque croit qu’il n’y a pas de mal à être un patron brouillon, par exemple, si on sait s’entourer de gens ordonnés. «Un bon patron est celui qui est capable de s’entourer de personnes qui ont des qualités ou des défauts différents des siens. Il sait diriger les gens, reconnaître leurs talents et les mettre au service de l’organisation.»

Un bon leader est comme un aimant, remarque Philippe Brassard. «Les employés vont naturellement vers lui. Ils veulent travailler pour ce dirigeant. En sa présence, ils ont leur mot à dire et se sentent considérés. Le patron crée un climat favorable à l’émergence de nouvelles idées.»

Bref, un patron qui a la bosse du boss!


Subir ou partir?

Subir quelque temps

Surtout si votre patron est nouvellement en poste, ne serait-ce que pour confirmer vos premières impressions.

Composer avec son style de leadership

Votre supérieur peut changer son comportement s’il y voit des avantages personnels, comme une hausse de la productivité de son équipe. Mais il serait illusoire de penser que vous pourrez modifier son style de leadership de bout en bout. Toutefois, vous pouvez poser de petits gestes et adopter certaines attitudes pour améliorer vos échanges avec lui. Inspirez-vous des stratégies présentées (aux pages 18 et 19) pour chaque type de patron.

Détoxiquer la relation

S’il continue à vous hérisser les poils, regardez en quoi son style vous affecte ou affecte votre travail. Trouvez quelles sont les situations concrètes qui expliquent votre malaise.

Proposez une rencontre à votre supérieur en expliquant que vous voulez discuter d’un point important pour votre travail.

Lors de la rencontre, faites preuve d’ouverture d’esprit. Ayez confiance en vous et en la capacité de votre patron de trouver une solution. Tenez-vous-en aux faits et exprimez ce que vous ressentez. Dites ce qui vous cause problème et les répercussions que cela a sur vous ou votre rendement au travail.

Regardez ensemble des pistes de solutions. Par exemple, si votre patron est toujours sur vos talons, proposez-lui de valider les objectifs d’un prochain mandat avec lui et entendez-vous sur le fait que vous prendrez l’initiative des suivis.

Lâcher prise

Si le style de votre patron ne vous convient toujours pas, demandez-vous si vous êtes prêt à accepter de continuer à vous rapporter à cette personne. Si oui, lâchez prise et réajustez vos attentes.

Regarder ailleurs dans l’entreprise

Si vous ne parvenez pas à vous ajuster, cherchez une autre assignation dans l’entreprise. Vous pourriez aussi faire appel au service des ressources humaines ou à votre syndicat pour obtenir un appui afin de changer de poste ou d’intervenir auprès du patron.

Démissionner

À bout de ressources? Songez à quitter votre employeur. En entrevue pour un autre emploi, questionnez votre patron potentiel sur son style de leadership et expliquez-lui l’environnement qui vous convient le mieux. Question de ne pas collectionner les patrons que vous ne pouvez pas blairer...

Sources : Jean-Pierre Lanthier, psychologue du travail et des organisations au Groupe Conseil CFC, et Geneviève Fortier, présidente du conseil d’administration de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec.

(S. L. R.)


guide de survie


Avez-vous déjà consommé de la drogue pendant vos heures de travail?








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