Trouvez un article

Rechercher

Dossiers chauds

Sous observation (suite)


Magazine Jobboom
Vol. 3 no. 6
octobre-novembre 2002


Croyez-vous en Dieu?

Alors qu’ils étaient tombés en désuétude dans les années 1980, les tests psychométriques sont de plus en plus en vogue aujourd’hui. La tendance se confirme dans les cabinets de ressources humaines. Ces tests contiennent une série de questions cherchant à cerner la personnalité, les valeurs et les habiletés des candidats pour prédire leur performance dans un poste donné. Or, certains de ces tests ont été interdits dans quelques États américains.

Au Québec, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a publié en 1998 un rapport où il était question de la controverse entourant les tests psychométriques. «Il existe une possibilité que ces tests soient discriminatoires», confirme le porte-parole de l’organisme, Robert Sylvestre. Par exemple, les résultats de ces tests peuvent notamment désavantager les femmes ou les membres d’une minorité ethnique, précise le rapport. En raison de leurs questions parfois incongrues, il souligne que les tests psychométriques peuvent aussi porter atteinte à la vie privée. Comme lorsqu’un candidat doit dire s’il aime fréquenter des gens plus jeunes, s’il aime ses parent ou s’il croit en Dieu…

Pub.

Des plus bidons, qui se trouvent dans Internet, aux plus sophistiqués, qui coûtent plusieurs centaines de dollars l’exemplaire et doivent obligatoirement être interprétés par un psychologue, les tests psychométriques existent sous une multitude de formes. «Certains vont donner de meilleurs résultats qu’une entrevue. Parfois, c’est l’inverse, dit Stéphane Brutus. Les entreprises ont l’obligation légale de s’assurer qu’un test respecte les droits des candidats. Plus l’entreprise est importante, plus il y a de chances que le processus et les tests soient sérieux», ajoute le professeur.

Pour sa part, la Sûreté du Québec n’emploie plus du tout de tests psychométriques dans la sélection de son personnel. «Nous avons constaté que les tests psychométriques, en plus de prêter à la discrimination, ne nous permettaient pas une lecture exacte des candidats», révèle le lieutenant Pierre Binette, responsable au Service du recrutement policier du corps provincial.

Le problème résiderait en fait dans l’analyse des résultats de ces tests. «Au Québec, pas plus d’une quinzaine de personnes sont capables de les interpréter», prétend Alain Ishak, du Groupe Hay, qui croit par ailleurs que les tests psychométriques peuvent être utiles en complément d’autres outils.

Professeure à la faculté de droit de l’Université de Montréal, Marie-France Bich croit que les candidats ont raison de se méfier des tests psychométriques. «Ils portent atteinte à la vie privée. Les candidats ont le droit de ne pas s’y soumettre.» Il serait par contre très difficile de prouver qu’un candidat ait été éliminé à cause d’un tel refus, déplore-t-elle. «L’employeur pourra toujours affirmer que les compétences du candidat ne l’ont pas satisfait…»


Drogués et porteurs de maladie s’abstenir

Les recruteurs qui exigent que leurs futurs employés se soumettent à un dépistage de drogues sont plutôt rares au Québec, estiment les spécialistes de l’embauche. Certains secteurs font cependant exception : les candidats à un boulot de pilote, de policier ou de militaire, par exemple, seront appelés à se soumettre à ce type de tests. Un candidat peut toujours refuser de le faire, mais il y a évidemment de bonnes chances que sa candidature ne soit pas retenue…

La question du dépistage génétique est plus floue. Ces tests permettent notamment de voir si un individu est porteur d’anomalies génétiques pouvant le prédisposer à développer une maladie. Un candidat porteur du gène d’une maladie grave pourrait ainsi être victime de discrimination si le recruteur l’obligeait à passer un test.

Actuellement, les tests génétiques sont permis au Québec, bien que les employeurs n’y aient pas recours. Toutefois, certains États américains, la France et les Pays-Bas interdisent déjà le dépistage génétique à l’embauche. Aux États-Unis, la Commission américaine pour l’égalité devant l’emploi (une agence fédérale chargée de faire respecter les lois contre les discriminations) a déposé une plainte l’an dernier contre un transporteur ferroviaire qui avait recours à la discrimination génétique dans la sélection de son personnel. L’entreprise a stoppé sa pratique.

À l’automne 2001, le Conseil de la santé et du bien-être a publié un avis recommandant au gouvernement d’interdire l’imposition de tests génétiques par les employeurs et les assureurs. «Les tests génétiques ne sont pas assez fiables pour qu’on s’y réfère», dit la présidente de l’organisme, Hélène Morais. L’avis est cependant resté lettre morte.


guide de survie


À quel point aimez-vous votre travail?








Résultats



Québec

42,8 %


Situation de l’emploi :
Défavorable

NOS AIGUILLEURS