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Dossiers chauds
Ça va (pas si) mal à la shop!

Pas de panique!

Quoi qu’en disent les prophètes de malheur, notre secteur manufacturier n’est pas en train de crever. Malgré les coups durs, les compagnies manufacturières ont encore du ressort.

Recherche et rédaction : Marie-Hélène Proulx
en collaboration avec Éric Grenier et Jean-Sébastien Marsan


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 3 Mars 2007


Mille cinq cents chômeurs sortis de l’usine d’Olymel, à Vallée-Jonction. Neuf cents de chez Goodyear à Valleyfield. Des milliers de mises à pied chez Domtar, Shermag, Gildan, Cleyn & Tinker, Norsk Hydro, Bombardier, Abitibi-Consolidated…

À chaque jour suffit sa peine dans le secteur manufacturier. Avec la hausse spectaculaire du dollar canadien amorcée en 2003 et l’entrée en scène de féroces concurrents asiatiques – surtout les Chinois et les Indiens –, les fermetures d’usines se multiplient au Québec. Les communautés frappées lancent des appels de détresse aux gouvernements, les syndicats s’énervent, les travailleurs ont la trouille.

Des chiffres confirment leurs pires cauchemars : 67 800 emplois perdus dans le secteur de la fabrication depuis quatre ans. Et en 2007, 25 000 postes de plus pourraient être abolis, estiment des spécialistes.

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Le tableau est si désespérant que certains qualifient le secteur manufacturier d’«espèce en voie de disparition», affirme Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement des caisses Desjardins. À tort, selon elle : «Cette impression vient du fait qu’on médiatise surtout les abolitions de postes dans les entreprises, alors qu’un bon nombre d’entre elles tirent plutôt bien leur épingle du jeu.»

En effet, une majorité des 21 sous-secteurs de la fabrication au Québec sont en pleine croissance – les produits du pétrole et du charbon, les produits chimiques et la première transformation des métaux figurant en tête de liste.

On est donc loin de l’hécatombe. «Les manufacturiers québécois représentent 20,5 % du PIB de la province, et plus de 500 000 emplois, affirme Jean-Luc Trahan, pdg des Manufacturiers et exportateurs du Québec. Si c’est la fin de ce secteur, c’est la fin du Québec! Évidemment, ce n’est pas le cas...»

La réduction de la main-d’œuvre manufacturière s’observe partout sur la planète, même en chine!

Méchante débarque

Sans être à l’agonie, les manufacturiers ont tout de même des soucis. L’envolée soudaine du huard en 2003, après 10 ans sous la barre des 75 cents (et même sous les 64 cents en 2002!), a ébranlé le confort des entrepreneurs. «J’ai vu des chefs d’entreprise perdre 60 % de leur marge de profit très rapidement», raconte Jean-François Michaud, pdg de l’Association des fabricants de meubles du Québec.

«La faiblesse du dollar a mis un voile sur les yeux des manufacturiers. Ils vivaient dans l’illusion que tout allait bien. La rentabilité était constamment au rendez-vous», explique Chantal Malo, vice-présidente, Planification et information stratégique à la Société générale de financement du Québec (SGF). Beaucoup de gestionnaires ont donc misé sur le prix artificiellement concurrentiel de leurs produits pour séduire les marchés étrangers, plutôt que d’investir et d’innover dans des technologies plus efficaces.

Alors quand le dollar s’est apprécié de 38,5 % entre 2002 et 2006, que la Chine s’est développée avec une main-d’œuvre à rabais et que le prix du pétrole a explosé au début des années 2000, plusieurs manufacturiers se sont fait prendre les culottes baissées.

Jusqu’à présent, les rationalisations se sont surtout concentrées dans l’industrie du vêtement, du matériel de transport et des produits en bois, selon le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec. Le meuble, le papier, les produits en cuir et les boissons font aussi partie des secteurs «en transition», selon le gouvernement.


Quelle catastrophe?

Malgré les apparences, les manufacturiers au Québec ne sont pas au bord de la faillite :

• En 2005, leur chiffre d’affaires était de 137 milliards, comparativement à 67 milliards en 1992. Aussi, les exportations internationales du Québec dans le secteur de la fabrication ont été de 71 milliards en 2005, par rapport à 23 milliards en 1988. Ces hausses spectaculaires sont attribuables à l’entrée en vigueur de l’Accord du libre-échange avec les États-Unis en 1989 et de l’ALENA en 1994.

• Par contre, les compagnies manufacturières ont vu leur marge de profit diminuer comme peau de chagrin depuis 2000. La situation est aussi critique que pendant la crise économique des années 1990. Cependant, jusqu’à présent, l’impact sur l’emploi semble moins dramatique qu’il y a 15 ans. À l’époque, 87 900 emplois avaient été éliminés en quatre ans, contre 67 800 emplois perdus de 2002 à 2006.

• La part de la fabrication dans le total de l’économie québécoise était de 20,5 % en 2005, comparativement à 21 % en 1984. (M.-H. P.)

Sources : Manufacturiers et exportateurs du Québec, Institut de la statistique du Québec, Statistique Canada.


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Résultats



Québec

71,3 %


Situation de l’emploi :
Passable

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