Malgré plusieurs initiatives pour attirer les investisseurs, soutenir les PME locales et stimuler l'activité commerciale, la morosité perdure dans la région. La mine Jeffrey fonctionne aujourd'hui de façon occasionnelle et rien ne laisse espérer la réouverture de Magnola. «Il y a beaucoup moins d'activité économique sur le territoire et la population est vieillissante», soupire Gilles Lecours. En 2006, la région de l'Estrie a enregistré un gain net estimé de seulement 600 emplois, le taux de chômage moyen s'est établi à 8,2 % (le pire résultat depuis 1999) et le secteur manufacturier a perdu 2 800 postes. En somme, la fermeture de Magnola fait toujours mal.
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Diversifiée, l'économie de cette région était déjà l'une des plus dynamiques du Québec. Les licenciés de GM ont donc pu se recycler dans la construction, le camionnage, le matériel de transport, la fabrication de camions, etc. «Aussi, 40 % de ces travailleurs venaient de Montréal et de Laval, se souvient Charles Le Borgne, directeur de la Société de développement économique Thérèse-de-Blainville. Ceci a minimisé l'impact local de la fermeture.»
Il restait tout de même quelque 900 travailleurs de la région sur le carreau. Mais l'employeur a accordé de substantielles indemnités de cessation d'emploi, un coup de pouce qu'a apprécié la main-d'œuvre âgée - 72 % des employés avaient de 45 à 54 ans et 94 % déclaraient 25 ans et plus d'expérience. «Plusieurs travailleurs n'ont pas eu besoin d'un nouvel emploi; il ne leur restait que quelques années avant de toucher leur pension de retraite», souligne Sophie Delage, ex-présidente du comité de reclassement piloté par le Centre d'intervention des Basses-Laurentides pour l'emploi (CIBLE).
Les cadres de GM ont pu faire valoir leurs compétences en gestion dans d'autres secteurs d'activité. Pour les employés de la chaîne de montage, en revanche, le défi était de taille, car la province est dépourvue d'industrie de l'automobile. «Beaucoup ont suivi une formation professionnelle», précise Sophie Delage.
Le site de l'usine a été rasé en 2004. On y érige actuellement un complexe commercial et résidentiel, Faubourg Boisbriand : 1,2 million de pieds carrés de commerces, environ 1 550 unités résidentielles, le tout prêt cet automne. Le futur centre-ville des Basses-Laurentides, fait miroiter le promoteur.
Le taux de chômage de la MRC Thérèse-de-Blainville, où se situait l'usine de GM, se maintient à environ 5 % depuis 2001, soit l'un des plus bas au Québec. C'est comme si la fermeture de GM, en 2002, n'avait pas eu de conséquence! «Et Faubourg Boisbriand remplace avantageusement GM en revenus fonciers», souligne Charles Le Borgne. En fin de compte, la débâcle du géant de l'automobile aura provoqué plus de peur que de mal.