Une fois l'usine fermée et les journalistes partis, les travailleurs qui ont perdu leur emploi tombent souvent dans l'oubli. Pourtant, leur vie continue. Que se passe-t-il le jour d'après?

En 1999, sur les 569 ex-travailleurs...
• 121 étaient admissibles à la retraite;
• 108 sont partis travailler à l'extérieur de la Gaspésie;
• 247 ont trouvé un emploi dans les environs, dans divers secteurs comme la foresterie ou la mécanique automobile;
• Emploi-Québec ignore ce que sont devenus 87 travailleurs qui n'ont pu se reclasser en 1999 et les autres que l'organisme n'a pu joindre - un comité de reclassement exerce ses activités pendant les mois qui suivent la fermeture, puis clôt le dossier, perdant souvent la trace de travailleurs qui quittent la région ou qui ne laissent pas d'adresse.
• «Le reclassement des travailleurs n'a pas été facile parce qu'ils vivaient dans l'espoir de la réouverture de l'usine», se remémore Marc Groleau d'Emploi-Québec Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.
• Cette MRC a vu son taux de chômage passer de 36 % à 22,5 % pendant l'année 2000, essentiellement à cause de l'exode des travailleurs en recherche d'un nouvel emploi. Au deuxième trimestre de 2006, le taux de chômage en Gaspésie était estimé au taux déprimant de 19,5 %.
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Sur les 380 employés mis à pied, 204 se sont inscrits au comité de reclassement. À la fin des activités de reclassement en 2004...
• 138 employés licenciés avaient trouvé un nouvel emploi;
• 4 bossaient toujours pour l'usine (qu'il fallait entretenir pour une hypothétique réouverture);
• 23 étaient retournés aux études;
• 23 cherchaient toujours un emploi;
• et 16 étaient on ne sait où.
• «Environ 20 % des travailleurs de Magnola aimaient participer à des démarrages de grosses usines, souligne Jean Martel, de Raymond Chabot Grant Thornton. Ces travailleurs étaient autonomes, bien formés.» Ils ont pu offrir leurs services dans d'autres régions.
• La perte de 800 postes (Magnola et ses sous-traitants) représentait 37,4 % des emplois du secteur de la fabrication et de la construction dans cette MRC.
• En 2006, le taux de chômage moyen s'est établi à 8,2 % (le pire résultat depuis 1999) et le secteur manufacturier a perdu 2 800 postes. En somme, la fermeture de Magnola fait toujours mal.
Sur 1500 ex-employés, 932 ex-employés se sont inscrits au comité de reclassement. À la fin des activités de reclassement en 2004...
• 20 personnes cherchaient toujours de l'emploi;
• 16 travaillaient à l'usine de GM d'Oshawa (Ontario);
• 319 personnes étaient en emploi au Québec;
• 109 étaient à la retraite;
• 260 en formation professionnelle;
• et le comité n'a pu retracer 208 personnes.
• «Un bilan très positif», déclare aujourd'hui la présidente du comité de reclassement, Sophie Delage.
•Le taux de chômage de la MRC Thérèse-de-Blainville, où se situait l'usine de GM, se maintient à environ 5 % depuis 2001, soit l'un des plus bas au Québec. C'est comme si la fermeture de GM, en 2002, n'avait pas eu de conséquence!