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Dossiers chauds
Valérie, masseuse érotique

Beaux câlins

Après huit ans à danser nue et à se prostituer, Valérie cherche encore à comprendre pourquoi elle a choisi ce chemin.

par Marie-Hélène Proulx


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 6 Juin 2007


Issue d’une famille bourgeoise, cette ravissante blonde dans la vingtaine n’était pourtant pas «désespérée ou dans la rue», dit-elle. «Je n’avais pas vraiment d’ambition; j’avais surtout envie de me shooter à l’adrénaline. J’étais attirée par la marginalité.»

Il y a deux ans, elle a cessé de danser et a travaillé dans des salons de massage. Aujourd’hui, elle a envie de passer à autre chose. Peut-être écrire un livre sur ses expériences. Mais pour faire un coup d’argent avant de ranger ses déshabillés – «après 35 ans, on est ”passé date”!» –, elle offre depuis ce printemps massages sensuels et petits extras sur son propre site Internet.

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Elle reçoit ses clients chez elle et souhaite ainsi gagner 70 000 $ par année pendant cinq ans. Non imposables… «J’ai été paresseuse à l’époque où je dansais nue. J’aurais pu faire au moins 100 000 $ par année, m’acheter une maison et lancer une entreprise. J’ai préféré faire la fête…»

Mais Valérie ne retournerait pour rien au monde sur scène. «Le milieu est une jungle depuis l’implication des gangs de rue dans les bars de danseuses, il y a quelques années. Poussées par des souteneurs sans scrupule qui veulent se remplir les poches, les danseuses doivent aller de plus en plus loin avec les clients.»

Elle s’indigne particulièrement d’une pratique populaire depuis cinq ans, le girlfriend experience (GFE), où la travailleuse du sexe offre une relation sexuelle comparable à celle qu’un client aurait avec sa copine – baisers sur la bouche, cunnilingus… et pas de condom. «Les filles s’exposent à des risques terribles. Il faut dénoncer ça!» Masseuses indépendantes et escortes se plient aussi à ce manège. «Il y a tellement de compétition que les filles sont prêtes à tout.»

Valérie se garde bien de tomber dans ce piège. Elle choisit ses hommes avec soin... «J’ai l’avantage d’être belle. Les moins jolies ou vieillissantes doivent souvent faire plus pour gagner leur paye.»

Selon elle, les salons de massage érotique, «du moins ceux qui font de la publicité dans les journaux», ne tolèrent pas des pratiques comme le GFE. «Ce ne sont pas des lieux de prostitution. Des caméras assurent que les masseuses ne vont pas plus loin que la masturbation. Sinon, la police débarque!»

Elle n’est pas à plaindre, insiste-t-elle. Elle gagne bien sa vie en faisant un métier «relax». «Mais t’es quand même contente le jour où tu sors de là… Si je suis encore dans l’industrie à 35 ans, frappez-moi!»


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