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Dossiers chauds
Claude Perron, distributeur et marchand de produits érotiques

Dildo en gros

Dans l’industrie du sexe au Québec, on le surnomme «le pape».

par Marie-Hélène Proulx
Photo : Marie-Claude Hamel


Magazine Jobboom
Vol. 8 no. 6 Juin 2007


Facile de comprendre pourquoi : initiateur du premier sex-shop québécois, Claude Perron est aujourd’hui propriétaire de cinq boutiques érotiques – dont la célèbre Séduction – et fondateur d’un des plus importants distributeurs de produits pour adultes au Canada, Landco Import.

Pourtant, rien ne destinait ce fils de famille catholique à vendre vibrateurs et revues cochonnes. Après des études en marketing, il amorce une carrière dans le commerce de détail. Un ami lui soumet alors un projet complètement fou : «Il avait découvert un commerce de magazines pornos à New York et il sentait qu’il y avait un marché ici.»

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En cachette de leurs parents, les acolytes alors dans la vingtaine réunissent 4 000 $, trouvent des fournisseurs de gadgets érotiques en Allemagne et ouvrent une boutique rue Bleury, à Montréal, en 1973. «La première semaine, on n’a rien vendu! Et pendant deux ans, on s’est versé un salaire de 5 $ par semaine… Heureusement qu’on habitait chez nos parents! Mais nos affaires ont fini par décoller.»

Au fil des ans, Claude a ouvert des magasins à Laval, Montréal et Toronto, en plus de mettre sur pied, en 1991, Landco Import, qui expédie depuis son entrepôt de Laval des milliers de produits dans les boutiques érotiques du Canada. Le chouchou des consommateurs? Le bon vieux godemiché, de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Claude a vu les mœurs sexuelles des Québécois évoluer. «En 1975, aucune femme n’entrait dans nos boutiques. Puis, j’ai lancé une gamme de maillots de bain sexy exclusive. Ça leur a donné un prétexte pour venir faire leur tour!»

Mais le boum a vraiment eu lieu dans les années 1990, avec l’arrivée dans la vie adulte des enfants des baby-boomers, qui ont grandi sans tabous sexuels. Du coup, les boutiques érotiques ont poussé comme des champignons. On en compte maintenant environ 60 au Québec, selon les calculs de Claude.

Il faut dire que l’industrie s’est bien renouvelée. «J’ai compris que les clients ne voulaient pas acheter des affaires de sexe, mais de la sensualité.» C’est pourquoi la lingerie haut de gamme et les huiles à massage ont désormais leur place à côté des vagins moulés et des pompes à pénis.

«Le personnel est aussi plus qualifié qu’à l’époque. Mes boutiques embauchent des diplômés en administration et en sexologie, qui forment les conseillers. Je rêve d’ailleurs d’ouvrir un magasin de produits érotiques qui accueillerait une clinique de sexologie!»

Ses parents ont mis 15 ans à accepter que leur Claude gagne ainsi sa vie. «Pour leur faire plaisir, j’ai songé à me lancer dans l’immobilier. Mais j’éprouve une grande satisfaction devant les yeux écarquillés de surprise de mes clients. J’ai alors l’impression d’avoir réussi mon coup!»


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